Politique

Tchad : ce que Mahamat Idriss Déby Itno est prêt à concéder aux rebelles

Pour obtenir leur participation au dialogue officiel, le président de la transition tend la main aux chefs des groupes politico-militaires. Après les avoir amnistiés, il s’apprête à satisfaire une autre de leurs revendications.

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Mis à jour le 1 décembre 2021 à 17:50

Mahamat Idriss Déby Itno, le président de la transition tchadienne. © Vincent Fournier pour JA

Les groupes politico-militaires ont obtenu, le 29 novembre, la mesure d’amnistie qu’ils avaient réclamée et posée comme condition première à leur participation à tout dialogue officiel avec le pouvoir de N’Djamena. Selon nos informations, ils pourraient également voir une autre de leurs revendications satisfaite : la restitution de leurs biens saisis par les autorités tchadiennes.

Villas et sommes d’argent

Plusieurs de leurs chefs avaient en effet établi, il y a plusieurs mois, une liste de terrains, villas, véhicules et sommes d’argent ayant appartenu aux membres de leurs groupes et confisqués par la justice tchadienne ces dernières années. Celle-ci avait ensuite été transmise au comité technique chargé de favoriser le dialogue entre les opposants rebelles et Mahamat Idriss Déby Itno, une instance présidée par Goukouni Weddeye.

Un sous-comité également dirigé par l’ancien président tchadien s’est ensuite mis au travail et a analysé point par point les demandes de restitution. Puis un rapport a été transmis à la présidence. C’est sur la base de ces recommandations que le chef de l’État doit décider d’accéder ou non à la demande des groupes politico-militaires.

D’après un proche de son cabinet, Mahamat Idriss Déby Itno y est favorable. Au palais présidentiel, une équipe est actuellement chargée de préparer un projet de décret fixant les modalités et l’ampleur des restitutions. Le document pourrait être validé à court terme, dès lors que les dossiers liés à l’amnistie annoncée le 29 novembre auront été bouclés.

Selon plusieurs opposants contactés par Jeune Afrique, cette mesure était la deuxième condition indispensable à leur participation à un « pré-dialogue », dont l’organisation pourrait être lancée prochainement au Qatar et qui précéderait le dialogue national prévu dans les prochains mois à N’Djamena.

D’autres dirigeants de groupes politico-militaires ont posé des préalables différents, tels que l’octroi de documents de voyage et la présence comme témoins, lors des futures discussions à Doha, de représentants de l’Union africaine (UA), des Nations unies et des « pays amis », comme la France ou les États-Unis.