Politique

Présidentielle en Libye : Seif el-Islam Kadhafi en appelle à la communauté internationale

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Mis à jour le 30 novembre 2021 à 12:12

Seif el-Islam Kadhafi, le 14 novembre. © Libyan High National Electoral Comission/AFP

Des forces loyales au maréchal Haftar continuent d’intimider les juges de la cour de justice de Sebha, qui doivent plancher sur la recevabilité de la candidature du fils de Kadhafi à la présidentielle.

Seif el-Islam Kadhafi n’est toujours pas fixé sur son sort : le fils de Mouammar Kadhafi, qui a vu sa candidature à la présidentielle rejetée par la Haute commission électorale le 24 novembre, n’a pas pu immédiatement déposer son recours comme il l’avait prévu.

Comme révélé par Jeune Afrique, des forces armées loyales au maréchal Khalifa Haftar, lui aussi candidat à la magistrature suprême, ont, dans la journée du 25 novembre, expulsé manu militari les juges et les employés de la cour de justice de Sebha, empêchant ainsi les avocats de Seif el-Islam, qui se trouve dans la ville du Fezzan, de faire appel de la décision.

Véhicules armés et blindés lourds

Selon nos informations, le recours a néanmoins pu être déposé le lendemain, le 26 novembre, par les avocats du candidat. Mais les mêmes forces qui ont fait fermer le tribunal la veille ont de nouveau pris possession des lieux, et la commission composée de plusieurs juges n’a ainsi pas pu plancher sur la recevabilité du recours de Seif el-Islam Kadhafi.

Les « Verts » ont commencé à mobiliser leurs réseaux pour protester contre l’exclusion de leur champion de la course à la présidentielle. Le Conseil suprême des villes et des tribus libyennes, proche des kadhafistes, a ainsi dénoncé une méthode qui « affecte l’indépendance de la justice » et appelle la communauté internationale à « punir ceux qui entravent le processus électoral », sans citer Khalifa Haftar.

Plusieurs dizaines de manifestants sont également descendus dans les rues de Sebha entre le 26 et le 29 novembre pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une confiscation du processus électoral.

« La direction de la sécurité de Sebha confirme que le tribunal fait face à un siège étouffant, avec des véhicules armés et des blindés lourds, appartenant aux groupes « 115 » et Tariq bin Ziyad, des forces d’al-Karama. Ce qui a empêché les citoyens, les juges et les employés d’entrer et d’occuper leurs fonctions », a déclaré dans un communiqué le général Muhammad Bishr, directeur de la sécurité de Sebha.

« La France doit réagir »

Du côté des autorités de Tripoli, la ministre de la Justice, Halima Ibrahim Abderrahmane, a dénoncé un « acte dangereux », annoncé une enquête et une visite dans les tribunaux du Sud libyen, avant d’en appeler à la « responsabilité » de tous.

« Les juges ont été agressés et n’ont pas été en mesure de mener leurs activités » regrette Tayeb Benabderrahmane, conseiller franco-algérien de Seif el-Islam Kadhafi, joint par Jeune Afrique. « Pour le bien de la Libye, la communauté internationale doit se saisir de cette affaire et prendre les mesures nécessaires pour assurer la tenue d’une élection équitable. La France, qui a mis beaucoup de moyens et d’énergie en œuvre pour la réussite de ces élections, doit réagir », conclut-il.