Politique

RDC : la Cenco reste ferme face au pouvoir de Félix Tshisekedi

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Par - à Kinshasa
Mis à jour le 29 novembre 2021 à 12:09

26 nov. 2021,© Présidence RDC © 26 nov. 2021, © Présidence RDC

Malgré les tentatives d’apaisement, les puissants représentants de l’Église catholique réitèrent leur inquiétude face au processus électoral en cours. Ils annoncent quitter la plateforme religieuse, chargée de désigner le président de la Ceni.

Chacun connait l’adage : mieux vaut ne pas se fier aux apparences. Ces derniers jours, il y a des rencontres, des sourires, des déclarations d’apaisement. « Nos entretiens étaient cordiaux. Nous sommes des pasteurs tout de même, des hommes d’Église », lâche l’abbé Donatien Nshole, le secrétaire général et porte-parole de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco). Mais sur le fond, le religieux n’a rien abandonné de sa détermination.

« Nous sommes allés voir le chef de l’État pour lui dire que si nous allons aux élections dans ce climat, les scrutins seront contestés, et ils mettront en péril la paix sociale », explique-t-il après avoir rencontré, au sein d’une délégation de la Cenco, Félix Tshisekedi vendredi dernier. Les puissants représentants des Catholiques ont demandé au président des « réformes consensuelles » afin de réorienter le processus électoral. Ils ont aussi exigé la garantie qu’une mission d’observation électorale de la Cenco sera autorisée lors de la présidentielle de 2023, alors que des rumeurs contraires circulent.

« Rupture »

Et Denis Kadima ? La nomination de cet homme à la présidence de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), entérinée par Félix Tsisekedi le 22 octobre, a été l’objet d’un intense bras-de-fer entre les religieux et le pouvoir. « Nous n’avons pas d’autre choix que de faire avec », acte désormais le secrétaire général de la Cenco, tout en réitérant son opposition à cette nomination empreinte, accuse-t-il, de corruption et de menaces.

Remontée après cet épisode, la Cenco annonce la suspension de sa participation à la plateforme des confessions religieuses. Elle emboite ainsi le pas à sa compagne de bataille sur la Ceni. Samedi dernier, c’est l’Église protestante (ECC) qui a annoncé sa « rupture » avec les six confessions qui ont soutenu le choix de Denis Kadima.

« De forcing en forcing »

Outre cette rencontre avec Félix Tshisekedi, le pouvoir congolais a tenté d’apaiser ses relations avec la Cenco. Il avait envoyé une délégation de haut niveau auprès du cardinal Fridolin Ambongo, alors que celui-ci avait dénoncé des menaces à son encontre. Le président du Congo voisin, Denis Sassous-Nguesso, s’est également entretenu avec l’archevêque de Kinshasa.

« Mais on ne peut plus aller de forcing en forcing sans faire réagir la population, confie l’abbé Donatien. En 2019, Joseph Kabila avait pour lui la Ceni, la Cour constitutionnelle, l’argent, l’armée… Et pourtant, il n’a pas réussi à imposer son candidat. »