Politique

Zondo, Touré, Merzoug… Les justiciers incorruptibles

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Mis à jour le 23 décembre 2021 à 10:31

Idrissa Hamidou Touré, Saadeddin Merzoug et Raymond Zondo © Stéphanie Scholz/Colagène

« Game changers » (3/7). Ils sont en première ligne sur le front de la lutte contre la corruption et bataillent pour garantir l’indépendance de la justice dans un contexte souvent difficile. Portraits de ces « justiciers » du continent.

Lutte anticorruption : Z comme Zondo

Raymond Zondo.

Raymond Zondo. © Stéphanie Scholz/Colagène

L’exercice n’est guère aisé lorsqu’il s’agit d’identifier, en dehors de la sphère des ONG, des personnalités publiques qui font véritablement bouger les lignes en matière de lutte contre la corruption en Afrique. Sur un continent où la plupart des États et des gouvernements occupent le bas des classements, c’est sans doute en Afrique du Sud que le problème semble avoir été réellement pris à bras-le-corps ces dernières années.

Quand Jacob Zuma a nommé, en juin 2017, Raymond Zondo vice-président de la Cour constitutionnelle, la plus haute juridiction du pays, il ne se doutait pas que celui-ci deviendrait un artisan de sa chute moins d’un an plus tard. Le magistrat prendra en effet, en janvier 2018, la tête de la commission d’enquête chargée de faire toute la lumière sur les graves accusations de corruption pesant sur l’ancien chef de l’État et portées par Thuli Madonsela – l’inébranlable ex-médiatrice de la République, elle-même nommée en 2009 par Jacob Zuma –, dans un rapport rendu public à la fin de 2016.

Le document, au titre évocateur (« State of capture » : « L’État de la captation »), dépeint sur plus de 350 pages la corruption systémique orchestrée au plus haut niveau de l’État par un puissant réseau mafieux à la tête duquel se trouve l’influente famille Gupta, d’origine indienne, qui aurait bénéficié de contrats gouvernementaux très avantageux, évalués à plusieurs centaines de millions d’euros.