Politique

Game changers : sécurité, justice, climat… Ces Africains qui transforment le continent

Mis à jour le 14 décembre 2021 à 09:06

Ces « Game changers » représentent la jeunesse, l’inventivité pionnière et le courage politique. © Stéphanie Scholz/Colagène

Ils sont courageux et déterminés. Se battent pour une Afrique plus moderne, plus juste, plus innovante et fière d’elle-même. Portraits de ces « Game changers », pionniers qui tirent le continent vers le haut.

Depuis qu’au début des années 2010 la Banque mondiale (BM) et la Banque africaine de développement (BAD) ont lancé le slogan « l’Afrique qui gagne », cette thématique a tôt fait de montrer ses limites. Vision borgne, qui implique qu’une autre partie de l’Afrique puisse être qualifiée de perdante, tout en englobant dans un même jugement de valeur 54 pays et presque autant de différences humaines, historiques et sociales, ce narratif n’était que la traduction sur le plan médiatique de la dichotomie à pile ou face entre l’afro-optimisme et l’afro-pessimisme, à la fois inepte et contre-productive.

Ni un paradis ni un enfer

L’Afrique n’est ni un paradis ni un enfer, et les Africains n’ont que faire de ces analyses prédictives béates, qui sont au principe de réalité ce que l’effet placebo est à la médecine : des prophéties autoréalisatrices.

Placer le dernier JA de 2021 sous le signe de « l’Afrique qui gagne » aurait été d’autant plus incongru que l’année qui s’achève n’incite guère à l’euphorie, c’est le moins que l’on puisse dire. Coups d’État militaires régressifs en Guinée, au Mali et au Soudan. Mort violente d’un président et succession hors normes constitutionnelles au Tchad. Extension du domaine du jihadisme au Sahel. Et surtout guerre civile dévastatrice en Éthiopie, siège de l’Union africaine (UA) et pays qualifié il y a peu encore de modèle de développement accéléré pour le continent.

Si l’on ajoute à cela les prévisions du FMI pour 2022 – selon lesquelles la reprise de la croissance sera en Afrique plus modeste que dans le reste du monde – et les incertitudes liées à la pandémie de Covid-19, les rares réussites démocratiques de 2021 (Cap-Vert, Niger…) passent presque inaperçues.

Inventivité pionnière et courage politique

D’où le choix de consacrer notre enquête de ce mois à ce qui, dans le fond, caractérise le mieux ce lieu géographique qu’est l’Afrique, à savoir la jeunesse, l’inventivité pionnière et le courage politique de celles et ceux qui y vivent tout en s’efforçant, chacun dans son secteur, de changer la donne. Celles et ceux qui savent qu’enraciner la démocratie, la bonne gouvernance et l’esprit de civisme est une tâche autrement plus difficile et plus importante que celle de les instaurer.

Chaque fois, dans les portraits que vous allez lire, nous sommes partis d’un constat, le plus souvent problématique – corruption, justice, environnement, droits des femmes, armées, souveraineté numérique, échange inégal, Maghreb des peuples… –, pour mettre en valeur une ou des personnalités emblématiques du fait que ce qui a été mal fait peut et doit toujours être refait, en mieux.

Lecture achevée, une conclusion s’impose : si l’Afrique reste le continent de beaucoup de crises – et notamment celles, cruciales, de l’électrification et de la démographie –, il n’y a pas en Afrique de crise des énergies.


L’intégralité des portraits des « Game changers » :

Tinto, Muyembe, Wonkam : les pionniers de la santé africaine

Felwine Sarr, Touria El Glaoui, Acha Leke… Les agitateurs d’idées

Zondo, Touré, Merzoug… Les justiciers incorruptibles

Au Maroc et au Sénégal, Ibrahim Hachane et Kalista Sy, le combat face aux conservatismes

Innocent Kabandana et Pascal Muhizi, ces officiers rwandais qui font échec aux jihadistes

Bachir Ismaël Ouédraogo, Adama Coulibaly, Lacina Koné : une seule devise, l’innovation

Vanessa Nakate, porte-voix pour le climat