Politique

Libye : la tension monte entre Seif el-Islam Kadhafi et Khalifa Haftar à Sebha

Officiellement exclu de la course à la présidentielle, le fils de Mouammar Kadhafi comptait déposer un recours à Sebha. Mais les forces loyales au maréchal Haftar, lui-même candidat, bloquent la Cour de justice.

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Mis à jour le 25 novembre 2021 à 16:13

Seif el-Islam à Sebha, le 14 novembre 2021. © Libyan High National Electoral Comission FB Page / AFP

Le processus électoral libyen glisse-t-il sur une pente dangereuse ? Alors que l’élection présidentielle est toujours prévue le 24 décembre, et que les candidatures se sont multipliées ces dernières semaines, l’exclusion de Seif el-Islam Kadhafi de la course au poste suprême fait craindre une nouvelle flambée de violences, qui pourrait venir, une fois n’est pas coutume, de la ville de Sebha.

Selon nos informations, la cité du Fezzan, où le fils de Mouammar Kadhafi a pris ses quartiers depuis l’annonce de son retour à la vie politique et celle de sa candidature à la présidence libyenne, est le témoin de mouvement de forces sécuritaires fidèles au maréchal Haftar depuis le matin du 25 novembre.

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« Il utilise la force »

Selon l’entourage de Seif el-Islam Kadhafi, contacté par Jeune Afrique, des forces loyales au maréchal Haftar ont bouclé la ville et bloqué l’accès aux administrations juridiques et électorales afin d’empêcher le candidat à la présidence libyenne de déposer un recours contre son exclusion.

« De fait, si ce recours est déposé, Seif el-Islam Kadhafi a 99 % de chances de voir son exclusion annulée », affirme ainsi un conseiller du fils de Mouammar Kadhafi. « Haftar a fermé la Cour de justice de Sebha et fait sortir les juges manu militari. Il utilise la force et ne laisse pas le droit s’exprimer » poursuit-il. Khaled al-Zaïdi, l’avocat de Seif el-Islam Kadhafi, s’est quant à lui exprimé pour dénoncer ce « recours à la force qui entrave le processus électoral ».

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Seif el-Islam Kadhafi a appelé le jour même les Libyens à continuer à réclamer leurs cartes d’électeurs. Le maréchal Haftar est lui aussi candidat à la présidence. Il ne fait pas partie des vingt-cinq Libyens qui ont vu leur candidature invalidée par la Haute commission électorale, le 24 novembre.