Économie

Congo : avec le FMI, Brazzaville veut passer du désendettement au développement

Le gouvernement conduit par Anatole Collinet Makosso a pu retrouver la confiance des bailleurs de fonds, dont le Fonds monétaire international. Avec son Plan national de développement 2022-2026, le pays espère retrouver une croissance positive dès cette année.

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Mis à jour le 27 janvier 2022 à 17:21

Anatole Collinet Makasso, Premier ministre du Congo-Brazzaville, à Paris, le 31 août 2021. © Vincent Fournier pour Jeune Afrique

Conforté par sa large victoire de mars 2021, obtenue dans un contexte politique bien moins tendu qu’en 2016, le chef de l’État congolais, Denis Sassou Nguesso (DSN), dispose de cinq ans et de toute la latitude nécessaire pour remettre sur les rails l’économie de son pays, touchée de plein fouet par la baisse des cours pétroliers de 2014, puis par l’impact de la pandémie, en 2020. Rare pays de la zone Cemac à ne pas avoir bénéficié de l’aide d’urgence débloquée en 2021 par le FMI pour répondre à la crise sanitaire, le Congo s’est en outre vu signifier une fin de non-recevoir de la part des experts de Washington, qui l’ont sommé de remettre de l’ordre dans ses comptes publics.

Dans un contexte économique rendu plus favorable ces derniers mois, à mesure que le prix des hydrocarbures remontait sur les marchés, la situation financière du Congo s’est nettement améliorée, au point que la dette a été reconnue officiellement « soutenable » par le Fonds monétaire international (FMI), à la fin de septembre, autorisant l’ouverture d’un nouveau cycle de négociations entre le pays et l’un de ses principaux bailleurs de fonds.

Le financement du FMI va aider le pays à maintenir la stabilité macroéconomique et à soutenir la reprise

Pour revenir dans les bonnes grâces du Fonds, le chef de l’État congolais a placé à la tête du premier gouvernement de son nouveau mandat, Anatole Collinet Makosso ; un fidèle auquel, depuis sa nomination, DSN n’a pas manqué d’apporter – publiquement et à plusieurs reprises – son soutien, afin de bien faire comprendre à la vieille garde du Parti congolais du travail (PCT) qu’il plaçait toute sa confiance en son jeune Premier ministre.

Il lui a adjoint aux Finances le rigoureux Rigobert Roger Andély, qui a déjà occupé ce poste avec un certain succès et dont la réputation de « Bic rouge » qu’il en a conservé est censée redonner confiance aux bailleurs de fonds, multilatéraux comme bilatéraux, du pays. Signe prometteur, dès juin 2021 et pour la première fois depuis longtemps, les ministres avaient affiché une réelle unanimité lors d’un séminaire gouvernemental en faveur des négociations avec le FMI. Quoi qu’il en coûte en matière de réformes du train de vie de l’État ou de transparence…

Un financement triennal de 455 millions de dollars

Le 21 janvier, le conseil exécutif du Fonds a finalement approuvé une Facilité élargie de crédit de 455 millions de dollars, appelée à être déboursée sur une période de trois ans, à mesure que diverses réformes économiques sont mises en place par Brazzaville. Le déboursement d’environ 90 millions de dollars a été immédiatement approuvé. Selon l’institution dirigée par la Bulgare Kristalina Georgieva, ce financement va « aider le pays à maintenir la stabilité macroéconomique et à soutenir la reprise économique dans le contexte de la pandémie, notamment en catalysant le soutien financier des donateurs officiels ».

Des réformes de grande envergure sont essentielles pour améliorer la gouvernance et l’environnement des affaires