Économie

Burkina : le coup d’État de Damiba risque-t-il de bloquer le plan de développement ?

La démission forcée de Roch Marc Christian Kaboré et la prise de pouvoir par le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba interviennent alors que le financement du nouveau Plan national de développement, prévu pour la période 2021-2025, était en négociation. Ouagadougou espérait obtenir au moins huit milliards d’euros de la part de ses partenaires internationaux.

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Mis à jour le 26 janvier 2022 à 12:48

Un manifestant burkinabè, à Ouagadougou le 24 janvier 2022. © AP Photo/Sophie Garcia

Le coup d’État militaire des 23-24 janvier survenu au Burkina Faso est intervenu quelques semaines à peine après une réunion prévue au début de décembre 2021 à Bruxelles (Belgique) entre le gouvernement du désormais ex-président Roch Marc Christian Kaboré et les représentants des institutions multilatérales de développement (Banque mondiale, Programme des Nations unies pour le développement et l’Union européenne).

Lors de cette rencontre, finalement reportée sine die en raison de la crise sanitaire, le gouvernement burkinabè entendait présenter aux partenaires internationaux du pays le deuxième Plan national de développement économique et social (PNDES-II), couvrant la période 2021-2025.

D’un coût global de 19 000 milliards de F CFA (environ 29 milliards d’euros), ce nouveau plan doit en principe être financé à hauteur de 63 % sur les ressources propres du pays, soit un total d’environ 12 milliards de F CFA. Une part correspondant à 9 % du Plan (1 700 milliards de F CFA) a fait l’objet de « conventions déjà conclues avec les partenaires au développement ». Le reliquat, pas moins de 5 300 milliards de F CFA (28 % du coût global), est au cœur des négociations et de la campagne de marketing que menait le gouvernement désormais dissout auprès des bailleurs de fonds.