Économie

Économie : les grands brûlés de la « génération Doumbouya »

Aucune génération d’Africains n’a jamais eu aussi peu de raisons de « respecter ses aînés » que celle des grands trentenaires et jeunes quadras qui viennent de prendre le pouvoir en Afrique de l’Ouest. Certains facteurs économiques peuvent en partie l’expliquer.

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Mis à jour le 22 décembre 2021 à 11:34
Joël Té-Léssia Assoko

Par Joël Té-Léssia Assoko

Joël Té-Léssia Assoko est rédacteur en chef adjoint (économie et finance) de Jeune Afrique.

Le Malien Assimi Goïta et le Guinéen Mamadi Doumbouya, tous deux nés au début des années 1980. © Montage JA : Habib Kouyate/XinHua/MaxPPP ; CELLOU BINANI/AFP.

Observant l’horizon économique des années 1980 et du début des années 1990, faites d’une productivité en repli et d’inégalités en hausse en Occident, de crises de dettes à répétition dans le tiers-monde et d’interminables controverses sur la libéralisation commerciale, l’économiste américain Paul Krugman – futur prix Nobel – avait diagnostiqué une Ère d’aspirations réduites*, « dans laquelle les électeurs sont prêts à se contenter de politiques publiques à la dérive ».

Ces années furent finalement moins perdues qu’on ne l’avait cru, les gains attendus de l’informatisation se manifestèrent dans les révisions statistiques. De 1995 à 2000, le PIB par personne employée a bondi de 11 % en moyenne dans les pays de l’OCDE, soit autant que durant les dix années suivantes…

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Il n’est pas inutile de revenir sur ces deux décennies, en Afrique, alors que les progrès spectaculaires de la première quinzaine de ce millénaire s’essoufflent à coups de chocs exogènes (baisse des prix des minerais et du pétrole suivie de la crise du Covid-19).