Politique

[Série] Côte d’Ivoire : « Accusé, levez-vous ! »

Par - à Abidjan
Mis à jour le 25 novembre 2021 à 12:45

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Plus de dix ans après la fin de la crise postélectorale, le système judiciaire reste à reconstruire en Côte d’Ivoire. Comment fonctionne la justice, souvent critiquée pour sa partialité et sa lenteur ? Zoom sur ses principaux acteurs et ses enjeux.

Depuis son arrivée à la tête la Côte d’Ivoire, au sortir d’une terrible crise postélectorale, Alassane Ouattara multiplie les promesses d’une justice « égale pour tous ». Mais qu’en est-il vraiment aujourd’hui ? Comment la justice est-elle rendue ? Comment fonctionnent, au quotidien, les tribunaux ? Et comment travaillent les juges dans ce pays qui ne consacre que 1 % de son budget à la justice ? Souvent critiquée pour sa lenteur ou sa partialité, celle-ci est pourtant un enjeu majeur pour une société ivoirienne en quête de réconciliation. Jeune Afrique a décidé d’y consacrer une série en quatre volets.

En se penchant d’abord sur la formation des magistrats. Beaucoup reste à faire, et avec environ 450 magistrats en activité dans l’ensemble des juridictions du pays, la pénurie est considérable. Sur leurs bureaux, des centaines de dossiers s’accumulent chaque année, avec des procédures interminables à la clé. C’est ce que constate au quotidien Richard Adou, le procureur de la République près le tribunal de première instance d’Abidjan (TGI), acteur incontournable de la justice ivoirienne à qui Jeune Afrique consacre un portait.

Système inéquitable

À 56 ans, en poste depuis huit ans – un record de longévité ! -, il est en première ligne dans toutes les grandes affaires qui agitent le pays. Il doit répondre aux nombreuses critiques sur un système réputé corrompu et inéquitable. Des avancées importantes sont toutefois à saluer, telle que la construction de nouvelles prisons et de nouveaux tribunaux et, depuis 2019, la mise en place d’un nouveau code de procédure pénale qui doit permettre de désengorger des lieux de détention saturés. Deux ans plus tard, Jeune Afrique en dresse un premier bilan.

Enfin, focus sur le tribunal militaire qui juge ces gendarmes et policiers accusés de racket, de crimes et de malversations financières. Le gouvernement s’appuie sur cette juridiction pour tenir sa promesse de parvenir à la fin de l’impunité chez les forces de l’ordre.