Économie

Mining Indaba : 7800 professionnels des mines… et beaucoup d’attentes

La 20e édition de la conférence Mining Indaba est organisée à Cape Town du 3 au 6 février 2014. 7 800 participants venus de 110 pays ont fait le déplacement pour assister à de nombreux débats sur l’avenir de leur industrie… mais surtout pour nouer des contacts afin d’avancer leurs projets extractifs et écouler leurs minerais.

Mis à jour le 4 février 2014 à 15:56

La cité portuaire du CAP accueille les professionnels des mines, du design et du pétrole. © Antoine Lorgnier/onlyworld.net

Comme chaque année la conférence minière la plus importante du continent a fait le plein. Près de 7 800 participants venus de 110 pays différents – dont 50 pays africains – ont fait le déplacement au Cap pour participer à Mining indaba (« réunion » en zoulou), dont c’est la 20ème édition. Ils seront dans la ville balnéaire sud-africaine du 3 au 6 février, pour assister à de nombreux débats sur l’avenir de leur industrie en Afrique… mais surtout pour nouer des contacts afin de faire avancer leurs projets extractifs et écouler leurs minerais.

Opportunités et baisse des prix

Des délégations des gouvernements de 17 pays africains sont attendues pour présenter aux investisseurs et aux partenaires les opportunités offertes par leurs sous-sols. Parmi ceux-ci, plusieurs pays miniers francophones habitués de l’évènement, comme la Guinée, la RD Congo, le Mali et le Gabon. Mais de nouveaux venus ont organisé des sessions de présentation, comme le Rwanda et surtout la Côte d’Ivoire, pays dont le gouvernement actuel veut relancer le secteur minier. Dans les couloirs du centre de conférences du Cap, les professionnels évoquent naturellement la baisse des prix des matières premières, et en particulier celle de l’or, avec une filière aurifère qui traverse une crise profonde.

Situation délicate en Afrique du Sud

Autre sujet de préoccupation des miniers, les contextes politiques et sociaux difficiles, notamment en Afrique du Sud. Alors que le pays connaît une nouvelle série de grèves dans l’or et le platine, Susan Shabangu, la ministre des Mines, et Trevor Manuel, le haut commissaire au plan et ancien ministre des Finances, sont venus au Cap pour rassurer les investisseurs sur l’état de santé de ce secteur, pilier de l’économie sud-africaine.

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« Les travailleurs ont le droit de faire grève, c’est évident, mais ils doivent agir dans les limites de la loi. S’ils en sortent, l’État sud-africain n’hésitera pas à faire respecter la loi, notamment s’il y a des actions violentes », a affirmé Susan Shabangu.

« Nous avons besoin de stabilité et les syndicats le comprennent, y compris ceux qui ont les revendications les plus importantes, comme AMCU (Association des travailleurs miniers et de la construction). Une solution sera trouvée », a-t-elle garanti aux investisseurs.

Nouveaux codes

Des représentants d’autres pays sont aussi attendus avec impatience par les grands groupes miniers présents à la conférence. Ils espèrent notamment obtenir des informations sur la préparation en cours des nouveaux codes miniers en RD Congo, au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire.

En RDC et en Guinée, les professionnels des mines attendent aussi des éclaircissements sur la bonne gouvernance du secteur, alors que ces deux pays ont fait la une des journaux cette année avec des accusations de spoliation des ressources naturelles locales au profit d’intermédiaires. Dans la délégation de la RDC, on notait la présence de Moïse Katumbi, le gouverneur de la région du Katanga, venu à Mining Indaba pour la première fois en vue de trouver des investisseurs pour sa province, ainsi que celle d’Albert Yuma, le président de la Gécamines.

Appétit chinois

Cette année, la présence chinoise se fait plus visible que lors des éditions précédentes, signe de l’implication toujours grandissante de l’empire du Milieu dans l’achat sur le continent des minerais, principalement du fer, du cuivre, du manganèse et du chrome. Les groupes miniers présents en Afrique – en grande majorité anglo-saxons – espèrent au cours de Mining indaba parvenir à nouer des accords commerciaux avec le géant asiatique pour s’assurer d’écouler leurs minerais. La capacité d’extraction de la Chine a beaucoup baissé, mais ses besoins en métaux de base restent gigantesques.