Politique

Burkina Faso : problèmes de ravitaillement, absence de relève… Ce que l’on sait de l’attaque d’Inata

Le détachement militaire d’Inata avait signalé plusieurs problèmes à sa hiérarchie, deux jours seulement avant l’assaut du 14 novembre. Explications.

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Mis à jour le 20 novembre 2021 à 10:12

Des soldats du Burkina Faso, le 7 août 2018, à Abidjan. Photo d’illustration. © AFP

Selon un bilan officiel provisoire, 49 gendarmes et quatre civils ont été tués le 14 novembre dans l’attaque du détachement militaire d’Inata, dans la province du Soum. Il s’agit du pire revers jamais subi par l’armée burkinabè. 116 gendarmes et 5 civils étaient sur place quand leur camp a été pris d’assaut, vers 5h30 du matin.

L’offensive a été menée par des dizaines d’assaillants, très probablement issus du mouvement jihadiste burkinabè Ansarul Islam, lié au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM). Venus à motos et sur des pick-up armés de mitrailleuses lourdes, ils ont incendié les baraquements du camp et sont repartis avec de nombreuses armes, ainsi qu’avec du matériel militaire.

Alerte par télex

D’après une source sécuritaire, les assaillants étaient informés de difficultés rencontrées par le détachement et en auraient profité pour lancer leur attaque contre des soldats affaiblis.

Selon nos informations, ceux-ci souffraient en effet d’un double problème de ravitaillement et d’absence de relève. En raison d’une indisponibilité d’hélicoptère, moyen habituellement utilisé pour les approvisionner, aucune vivre n’y a été acheminée pendant deux semaines.

Dans un télex transmis à sa hiérarchie deux jours avant l’attaque, le chef du détachement avait signalé un « besoin urgent de ravitaillement en vivres » car ses troupes étaient en « rupture totale de provisions » et s’alimentaient depuis deux semaines « grâce à l’abattage d’animaux autour de la caserne ». Il y demandait également de pouvoir quitter sa position.

Quant à la relève, qui aurait dû être faite début novembre, elle n’a finalement jamais rejoint Inata. La grosse centaine de gendarmes qui la composait était pourtant arrivée à Djibo le 3 novembre. Mais, en raison des risques d’embuscade sur la route, ils réclamaient une rotation par les airs.