Politique

Côte d’Ivoire : Ouattara, Bédié, Gbagbo, Soro… un dialogue avec qui et pour quoi faire ?

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Mis à jour le 22 novembre 2021 à 12:48

Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara au palais présidentiel, à Abidjan, le 27 juillet 2021 © Luc Gnago/REUTERS

Le Premier ministre ivoirien, Patrick Achi, a annoncé la reprise du dialogue politique dès le mois de décembre. Si l’initiative fait l’unanimité, ses modalités et les sujets à aborder pourraient déjà constituer un blocage.

La scène qui s’est jouée le 27 juillet augurait-elle des annonces qu’allait faire, quatre mois plus tard, Patrick Achi ? Ce jour-là, Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo se retrouvaient pour la première fois depuis dix ans, se donnant l’accolade et promettant de travailler au dialogue et à la cohésion nationale. Début novembre, devant la presse, le Premier ministre annonçait que le dossier lui avait été confié et qu’il allait, dès le mois de décembre, s’entretenir avec les différents partis.

Une décision unanimement saluée par l’ensemble des acteurs politiques, qui préparent déjà leur participation à ce rendez-vous. Henri Konan Bédié a ainsi nommé Noël Akossi-Bendjo comme conseiller spécial chargé de la réconciliation. Il devra fournir à l’ancien président les éléments qui permettront au Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de prendre une part active aux discussions.

Fraîchement divorcé d’avec Laurent Gbagbo, le chef du Front populaire ivoirien (FPI), Pascal Affi N’Guessan, a pour sa part promis que son parti serait force de proposition – un engagement formulé à l’issue d’une rencontre avec Alassane Ouattara, le 28 octobre dernier. Le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), créé par Gbagbo, affiche lui une égale satisfaction. « Nous avons toujours été partisan du dialogue et de la démocratie et nous ne pouvons que nous réjouir que le président ait décidé de le reprendre, se réjouit Damana Pickass, le secrétaire général de la nouvelle formation. Il faut apaiser les tensions et faire tomber les murs afin de rétablir la confiance. Le seul fait d’ouvrir le dialogue est quelque chose de positif à mettre à l’actif du gouvernement. Maintenant il faut transformer l’essai et faire en sorte que cela aboutisse à des résultats notables. »

Ouattara, Gbagbo, Bédié et Affi s’appellent, échangent. Pourquoi perdre du temps ?

Les assises de la discorde