Politique

Trafic de cocaïne : au cœur des tractations entre la France, le Maroc et Bénin

De discrètes négociations sont en cours entre Paris, Rabat et Porto-Novo autour de la libération d’Hubert Goutay. Détenu au Maroc, cet homme d’affaires français est accusé par la justice béninoise de trafic de stupéfiants.

Réservé aux abonnés
Par
Mis à jour le 19 novembre 2021 à 12:27

Terminal à conteneurs du port de Cotonou, exploité par le groupe Maersk © Jean Claude MOSCHETTI/REA

Selon nos sources, les autorités françaises, béninoises et marocaines ont entamé des négociations autour du sort du Français Hubert Goutay. Cet homme d’affaires spécialisé dans le négoce de matières premières, patron de la société Goodness SAS, a été arrêté le 13 octobre dernier au Maroc. Il est détenu depuis dans une prison de Rabat, en application d’un mandat d’arrêt international émis par le Bénin.

« Frère de »

Hubert Goutay est en effet l’un des propriétaires d’un conteneur saisi en mai au port de Cotonou et qui, outre du sucre, dissimulait également une cargaison de cocaïne. Le Français clame son innocence et se défend de toute implication dans un quelconque trafic. Il affirme avoir acheté le conteneur alors que le navire transporteur était déjà en mer et l’avoir revendu avant même l’arrivée du bateau à destination.

Le dossier de l’homme d’affaire est suivi au plus haut niveau au Bénin, notamment par le directeur du cabinet militaire de Patrice Talon, le colonel Bertin Bada. Il retient également l’attention, à Paris, des services de renseignements et du ministère de la Défense, Hubert Goutay étant par ailleurs le frère du vice-amiral Guillaume Goutay, directeur du personnel militaire de la marine française.

Selon nos sources, le Maroc affirme n’avoir fait qu’exécuter un mandat d’arrêt international, profitant du fait que le suspect effectuait un séjour sur son sol, se rendant dans sa villa de Marrakech. Mais un membre des services de renseignement français doute de cette version et estime que l’affaire devrait également être replacée dans le contexte du contentieux franco-marocain provoqué par l’affaire Pegasus fin juillet.