Société

Victoire du Cameroun sur la Côte d’Ivoire : les rugissements plus forts que les barrissements

Mis à jour le 18 novembre 2021 à 09:16
Damien Glez

Par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Damien Glez © Damien Glez

Les footballeurs camerounais ont écarté les Ivoiriens de la course au Mondial 2022. Le Qatar en ligne de mire, ils se sont qualifiés pour les barrages.

Chacune de ces deux contrées africaines de football a sa légende quadragénaire ambitieuse : l’Ivoirien Didier Drogba et le Camerounais Samuel Eto’o qui rêvent, tout deux, de présidence de fédération. Chacune a hissé, plusieurs fois, son équipe nationale au sommet des Coupes d’Afrique des nations de football. Chacune a son animal totem : le lion pour l’une, l’éléphant pour l’autre. Et chacune guettait la phase finale de la 22e édition de la Coupe du monde de football qui se déroulera en 2022. Côte d’Ivoire versus Cameroun, c’est presque un derby d’Afrique francophone. Mais cette fois, sur le chemin du Qatar, c’est au détriment des pachydermes que les fauves indomptables sont restés indomptés…

Ce mardi 16 novembre, le Cameroun rencontrait la Côte d’Ivoire, dans le groupe D, pour l’unique ticket qualificatif pour les barrages du Mondial 2022. Les Ivoiriens débutaient le match avec l’optimisme des leaders, nantis de 13 points au classement contre 12 pour leurs adversaires. La rencontre se déroulant au stade Japoma de Douala, les Camerounais avaient, eux, l’avantage du terrain domestique.

Esprits surchauffés

Un parcours sans faute du gardien camerounais de l’Ajax d’Amsterdam et un seul but, à la 21e minute, de son compatriote Karl Toko-Ekambi, l’attaquant de Lyon, suffiront pour que le Cameroun s’octroie la place de barragiste. Impuissants à imposer une remontada, Frank Kessié, Sébastien Haller et Nicolas Pépé ne fouleront pas, en 2022, les pelouses climatisées d’Al-Khor, Al-Wakrah et Doha. Déjà absents de la phase finale russe de 2018, les Ivoiriens vont manquer la Coupe du monde pour la deuxième fois consécutive, après avoir participé aux trois éditions précédentes.

Si le match de ce 16 novembre a surchauffé les esprits du Cameroun et de Côte d’Ivoire, c’est que le football y est toujours plus que du sport. Ayant gardé en mémoire la remise au pas militaire, en 2000, des «Eléphants», sur instruction du général-président chagriné Robert Guéï, les footballeurs ivoiriens savent le prix d’une défaite. Les Camerounais, eux, connaissent les promesses de pluies de briques qui peuvent suivre une victoire majeure, même si celles-ci peinent à se concrétiser. C’est en 2020 que l’équipe qui atteignit les quarts de finale de la Coupe du monde 1990 vit confirmée l’obtention de villas promises par Paul Biya… 30 ans auparavant.

En route pour la CAN

Un rendez-vous proche permettra éventuellement aux Ivoiriens de racheter la défaite de ce mardi : la Coupe d’Afrique des nations qui, du 9 janvier au 6 février prochains, se déroulera justement… au Cameroun. Lui aussi très politisé, l’événement doit démontrer –pour peu que l’organisation du dernier Championnat d’Afrique des nations de football (CHAN) n’ait pas rassuré tout le monde– la capacité des Camerounais à assumer l’hébergement de la 33e phase finale de la CAN à Yaoundé, Douala, Limbé, Bafoussam et Garoua. L’édition 2019 avait été retirée au pays de Paul Biya.

Pour la suite de leur parcours en Coupe du monde qatarienne, les Lions font donc partie des dix pays qui s’affronteront lors de la phase finale des barrages, sous la forme de matches aller-retour, pour les cinq places réservées à l’Afrique.