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Maroc : Abdelilah Benkirane vs Aziz Akhannouch, le sniper contre l’homme d’affaires, deuxième round

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Mis à jour le 23 novembre 2021 à 11:48

Aziz Akhannouch et Abdelilah Benkirane. © Montage JA ; AFP ; Vincent Fournier/JA

LE MATCH DE LA SEMAINE… Chaque lundi, Jeune Afrique met en lumière un duel entre deux personnalités au cœur de l’actu. Aujourd’hui, le patron du PJD, réélu avec plus de 80 % des voix à la tête du parti islamiste, et son éternel rival, vainqueur des législatives et nommé en octobre à la tête du gouvernement.

Au sein du Parti de la justice et du développement (PJD), la pilule a du mal à passer. Certains membres du parti islamiste n’ont toujours pas digéré le résultat des élections législatives du 8 septembre, qu’ils imputent à la révision du mode de scrutin, lequel répartit désormais les sièges sur la base du nombre des électeurs inscrits, et non plus du total des suffrages exprimés. Le PJD avait déjà manifesté sa vive opposition à l’application de cette réforme, car les estimations laissaient penser qu’il en serait le grand perdant. Mercredi dernier, un pas supplémentaire a été franchi avec la décision prise par le parti dirigé par Abdelilah Benkirane de boycotter les élections communales complémentaires du 2 décembre prochain.

Ce retour tonitruant de l’ancien Premier ministre sur la scène politico-médiatique marque le coup d’envoi du match retour qu’il semble bien décidé à engager avec Aziz Akhannouch, l’actuel chef du gouvernement. Entre les deux hommes, diatribes et admonestations ne datent pas d’hier. Leur premier affrontement avait eu lieu lorsqu’ils siégeaient dans le même gouvernement. Et il s’était prolongé après le limogeage de Benkirane, en 2017.

Occuper l’espace médiatique

Cette fois, l’issue de la bataille devrait se jouer autour de l’aptitude de ce dernier à incarner la première force d’opposition. Afin d’y parvenir, Benkirane a d’ores et déjà commencé à occuper l’espace médiatique, première étape de sa stratégie visant à faire du PJD la première force d’opposition, et ce, en dépit de son très modeste nombre de sièges de députés – treize. Alors que l’exécutif est dirigé par une coalition de trois partis (RNI, PAM, Istiqlal), le PJD est en effet arrivé derrière d’autres formations de l’opposition, comme le Mouvement populaire ou l’Union socialiste des forces populaires.