Économie

Les business schools africaines se remettent en ordre de bataille

Mis à jour le 14 décembre 2021 à 13:14

Dans une salle de classe de l’ISM à Dakar. Le groupe appartient à Galileo Global Education, spécialiste de l’enseignement supérieur et propriété de la société de capital-investissement Providence Equity Partners. © Sylvain Cherkaoui/Jeune Afrique/2012.

Accélération de la digitalisation, relance des échanges et des partenariats internationaux, amélioration de l’accompagnement des étudiants, telles sont les trois grandes priorités post-Covid des écoles de commerce du continent classées par Jeune Afrique.

Même si les étudiants sont revenus sur leur campus, tout n’est pas comme « avant » dans les meilleures business schools du continent, qui se sont adaptées tant bien que mal à ces temps pandémiques perturbés.

En premier lieu, la digitalisation des études se poursuit. Certes, les cours ont à nouveau lieu dans tous les établissements francophones maghrébins et subsahariens classés par Jeune Afrique, mais leurs responsables doivent trouver le juste équilibre entre un enseignement classique in situ et des cours à distance, notamment dispensés depuis l’étranger.

La majorité des établissements continue également à élaborer et à étoffer des bibliothèques universitaires accessibles via internet, ainsi que des espaces de travail de groupes mixtes permettant des collaborations fructueuses, à la fois sur place et en ligne, entre étudiants, professeurs et intervenants extérieurs.

Grande priorité depuis la rentrée de septembre-octobre 2021: la relance des échanges et partenariats internationaux, cruciaux pour former des cadres dirigeants africains dans un monde globalisé des affaires globalisé. Mis en veille lors de l’année scolaire 2020-2021, il n’est pas toujours aisé de les ranimer, notamment avec l’Asie et l’Amérique du Nord, qui continuent de fermer leurs frontières aux étudiants.

Alternatives pédagogiques

Nombreux sont les étudiants qui ont dû rester dans leur pays d’origine au lieu de partir en échange universitaire, et le report d’une année de cette expérience clé a rarement été possible. Les business schools doivent gérer au mieux cette frustration en trouvant des alternatives pédagogiques, notamment sur le plan de la formation en langues étrangères.

Enfin, l’accompagnement individuel des futurs diplômés, dans leurs études comme dans leurs choix d’orientation, est également devenu un point d’attention majeur des responsables des business schools, compte tenu des difficultés traversées et de l’isolement des jeunes confinés loin de leur entourage amical et familial.

Finalement, si plusieurs établissements ont décidé de ne pas participer à l’édition 2021-2022 de ce classement des meilleurs masters des écoles de commerce – notamment l’Esca de Casablanca et Dauphine Tunis, toutes deux en pleine redéfinition de leurs formations et de leur fonctionnement –, on observe peu de bouleversement en tête des deux palmarès francophones.

Au nord comme au sud du Sahara, les établissements qui ont le mieux relevé les défis de la pandémie et des perturbations économiques sont ceux qui figuraient déjà parmi les mieux classés lors des éditions précédentes du classement de JA : Rabat Business School et l’Iscae côté maghrébin, BEM Dakar et Sup de Co Dakar côté subsaharien.


Méthodologie – Cinq grandes catégories de critères pour évaluer les écoles

Voici les principaux éléments pris en compte pour la 10e édition du classement par Jeune Afrique des meilleurs masters d’écoles de commerce francophones du continent.

Cette édition du classement des écoles de commerce francophones est la dixième du genre. En 2015, ce palmarès a été scindé en deux classements régionaux – Maghreb et Afrique subsaharienne – pour mieux tenir compte des attentes locales et des environnement différents.
Depuis le premier palmarès, en décembre 2007, JA a affiné sa méthodologie pour noter les masters de business schools autour de 5 grandes catégories. Voici les principaux éléments pris en compte pour cette édition 2021-2022, sur base d’un questionnaire et de documents probants remis par les établissements.

  • Attractivité et sélectivité : taille des effectifs étudiants et enseignants, type de sélection (examen, dossier, oraux), accréditations par des labels régionaux ou internationaux
  • Ouverture internationale : part des langues étrangères dans l’enseignement, proportion des étudiants partis en échange à l’étranger, mise en place de doubles diplômes, part d’étudiants étrangers et modalités d’accueil
  • Pédagogie : taille du corps professoral permanent, part de docteurs (PhD) parmi les enseignants, création et utilisation d’études de cas concrets dans les enseignements, importance des travaux de recherche fondamentale et appliquée
  • Professionnalisation : nombre et part des intervenants professionnels dans la formation, nombre et durée des stages, existence de projets tutorés en entreprise, préparation à l’employabilité et modalités des liens avec les entreprises
  • Services aux étudiants : budget rapporté au nombre d’élèves, appui à l’entreprenariat (junior entreprise, incubateur…), accès à l’informatique, taille et influence du réseau des anciens (alumni)