Politique

Côte d’Ivoire : Noël Akossi-Bendjo, de retour en grâce

Réservé aux abonnés
Mis à jour le 20 novembre 2021 à 09:45

Noël Akossi-Bendjo à Paris, en mai 2019 © Vincent Fournier/JA

Rentré d’exil début juillet, l’ancien maire du Plateau a été nommé par Henri Konan Bédié à la tête d’une commission chargée de la réconciliation au PDCI. Un poste clé dans le parti qui lui permet de revenir dans le jeu politique.

« De temps en temps, Dieu vous demande de faire une pause avant de repartir », glisse Noël Akossi-Bendjo. Rentré à Abidjan le 3 juillet après trois années d’exil en France, le vice-président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et ex-maire du Plateau, une des communes les plus importantes du pays, se fait philosophe lorsqu’on l’interroge sur ces années loin de sa terre natale.

À l’époque, la nouvelle tombe pourtant comme un couperet. Noël Akossi-Benjo apprend qu’il est révoqué de son poste de maire pour des soupçons de détournement de fonds publics, faux et usage de faux en plein mois d’août, alors qu’il est en mission en Europe. Il décide alors de ne pas rentrer en Côte d’Ivoire. Mais dans le même temps, à Abidjan, la justice avance. Après plusieurs mois de procédure, il est condamné par contumace à vingt ans de prison, plus de 10 milliards de francs CFA d’amende et cinq ans de privation de droits. Un verdict qu’il n’a cessé de dénoncer. Il y voit un règlement de compte politique, survenu au moment où le PDCI et la formation présidentielle, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) rompaient leur alliance.

Pendant son exil, il n’était pas rare pour les Ivoiriens à Paris de rencontrer Bendjo dans les rues du XVIe arrondissement. Ce dernier se prêtait volontiers à quelques selfies avec eux. « J’ai pu passer du temps en famille, lire et prendre du recul pour préparer ce que je fais maintenant. J’ai continué à animer le parti, affirme-t-il. Lorsqu’on s’éloigne, généralement, on vous oublie. Je suis heureux d’être de retour dans de bonnes conditions et de pouvoir continuer mon travail en tant que militant. »

Au centre du jeu