Économie

Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara poursuit son opération mains propres

Après plusieurs mois d’accalmie, le processus de suspension des directeurs généraux d’entreprises publiques, entamé en août, a repris. Et personne n’est épargné.

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Mis à jour le 16 novembre 2021 à 10:16

Alassane Ouattara, le 9 mars 2020. © Issam Zejly pour JA

Avant son départ en France, le 10 novembre, Alassane Ouattara a donné des instructions fermes. Selon nos informations, le président ivoirien a demandé que les patrons des entreprises publiques épinglés pour mauvaise gestion dans des rapports d’audit préliminaires soient écartés le temps d’approfondir les contrôles. Nul n’est épargné, y compris des directeurs généraux proches de l’entourage présidentiel qui pensaient pouvoir bénéficier temporairement d’une protection.

Double pression

Ainsi, Lanciné Diaby, directeur général du Fonds d’entretien routier (FER) – et par ailleurs député-maire de Samatiguila dans le district du Denguele, la région natale de Nabintou Cissé, la mère du chef de l’État –, a été relevé de ses fonctions le 11 novembre. Le lendemain, c’était au tour de Euloge Soro-Kipeya, le patron de la stratégique Agence nationale du service universel des télécommunications (ANSUT), d’être suspendu. Il est pourtant originaire de la région du Tchologo, présidée par Téné Birahima Ouattara, frère cadet du président et ministre de la Défense.

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Depuis quelques mois, Alassane Ouattara subit en outre une double pression, à la fois de la France et des États-Unis, lesquels ont engagé d’importants financements dans de nombreux projets pilotés par les entreprises publiques. Les partenaires de la Côte d’Ivoire recommandaient que soit exercée une plus grande transparence et que la lutte contre la mauvaise gouvernance s’accentue.

À la présidence et à la primature, les conseillers s’interrogent sur le fonctionnement de la Direction générale du portefeuille de l’État (DGPE), placée sous la tutelle du ministère du Budget. Cet organisme dirigé par Bamba Seydou est censé surveiller les actifs de l’État et leur gestion, en vérifiant les rapports des commissaires aux comptes. Or, la plupart des entreprises épinglées dans les rapports d’audits préliminaires avaient reçu le satisfecit de la DGPE, qui leur avait même décerné des prix de bonne gouvernance.