Société

Académie Guillou : c’est parti

L’ancien international français de football souhaitait implanter à Bamako un centre de formation identique à celui qui a connu le succès que l’on sait à Abidjan. Pari gagné.

Par - Faouzi Mahjoub
Mis à jour le 7 juillet 2008 à 13:34

Août 2005 : Jean-Marc Guillou débarque à Bamako, où il est accueilli par l’ex-star du ballon rond Salif Keita et tous les membres de la Fédération malienne de football (FMF). Le père fondateur de la célèbre Académie MimoSifcom d’Abid­jan est venu rencontrer les principaux dirigeants sportifs du pays. Il fait aussi la tournée des grands clubs de la capitale malienne. À tous ses interlocuteurs, l’ancien international français expose son projet : implanter au Mali un centre de formation identique à celui qui a fonctionné, de 1994 à 2005, à Sol Béni, en Côte d’Ivoire. L’institution ivoirienne jouit d’une prestigieuse réputation : c’est elle qui a formé Aruna Dindane, Yaya et Kolo Touré, Didier Zokora, Baky Koné ou encore Salomon Kalou une vingtaine de joueurs au total -, qui font aujourd’hui encore les beaux jours des Éléphants.
Pour les Maliens, le label « Jean-Marc Guillou », c’est l’assurance de voir naître une école de football élitiste qui privilégie la qualité plutôt que la quantité, ainsi qu’un environnement matériel et humain de haut niveau. Les dirigeants du Real de Bamako se montrent les plus intéressés.
Guillou retourne à Bamako en février 2006. Il est alors reçu au palais de Koulouba par le président Amadou Toumani Touré avec lequel il discute longuement foot. Le 12, un accord est conclu, et le contrat de partenariat est signé en mars. Le Real, ancien club de Salif Keita, met à la disposition de l’Académie JMG, en contrepartie d’un loyer, un terrain de 2 ha sur son espace d’entraînement. Il sera le seul club malien à pouvoir utiliser les joueurs formés et recevra sur les retours financiers perçus par l’Académie un pourcentage de 5 %.
Quatre mois plus tard, le financement du projet – 3,5 millions d’euros – est bouclé, et les travaux commencent à Hamdalaye, avenue de l’Unité-Africaine. Les premières réunions de recrutement débutent en septembre. Guillou, qui ne réside pas à plein temps au Mali – il fait la navette entre toutes ses académies : Antsika à Madagascar, Chonburi en Thaïlande, Pleiku au Vietnam, Wadi Degla au Caire et Paradou en Algérie -, les mène avec ses adjoints Vincent Dufour et Adrien Gaignon. Une centaine de gamins sont présélectionnés dans les quartiers de Bamako et en Côte d’Ivoire, car l’Académie a une vocation régionale. La constitution du premier noyau (huit joueurs) de la promotion 1 débute en novembre.
Fin mai 2007, les travaux d’infra­structures (dont les plans ont été dessinés par l’architecte Amadou Diadié Touré, qui n’est autre que le président du Real) sont presque achevés. Un édifice central peint en bleu se dresse à Hamdalaye. Les équipements comprennent des bâtiments pour l’hébergement, la restauration, les cours, l’administration et le stockage du matériel, ainsi qu’un grand espace de jeu en gazon naturel qui permet de jouer pieds nus ÂÂ comme à Sol Béni.
Aujourd’hui, l’Académie, qui a une capacité de 80 places, fonctionne avec ses propres installations. Les pensionnaires sont encadrés par une équipe technique (1 éducateur pour 6 à 8 joueurs). Ils sont nourris, logés, blanchis, soignés, transportés, assurés, et suivent une scolarité adaptée. La prise en charge se fera pendant six à huit ans.
Le 15 octobre 2007, Guillou et son adjoint Charlton, un ancien élève de Sol Béni, présentent les sept premiers académiciens de Bamako. Retenez bien leurs noms : Kasinho, Samaka, Dia, Bi Dieudonné, Adeyinka et Adama. Rendez-vous est pris pour 2013 ! « Nous travaillons, assure Guillou, dans de bonnes conditions et je retrouve de très bonnes sensations. L’Académie sera officiellement inaugurée en juin 2009. »