Économie

Africa Oil Week : gaz sénégalais, offshore ivoirien et transition énergétique au cœur des débats

Les États africains, dont la Côte d’Ivoire et le Sénégal, ainsi que les compagnies ont promu les ressources gazières pour l’électricité et discuté de la compensation carbone. De grands absents ont été toutefois remarqués. Récit.

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Par - Envoyé spécial à Dubaï
Mis à jour le 15 novembre 2021 à 15:27

Photo de famille des participants à l’Africa Oil Week , édition 2021 à Dubaï. © Africa Oil Week

À l’Africa Oil Week, qui rassemblait du 8 au 11 novembre près d’un millier de professionnels du secteur des hydrocarbures, la transition énergétique a été au cœur des discussions, alors qu’au même moment la COP26 de Glasgow était dans ses derniers jours. Délocalisée à Dubaï cette année, en raison de l’épidémie de Covid-19 en Afrique du Sud, qui rendait incertaine son organisation au Cap, où elle se tient habituellement, la conférence a donné une large place aux exposés sur les différentes stratégies possibles des compagnies et des États pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Les professionnels du secteur ont notamment été marqués par l’exposé d’Aïssatou Sophie Gladima, la ministre sénégalaise du Pétrole et de l’Énergie, qui a évoqué la conversion au gaz des centrales thermiques de son pays.

Il en va de même de la présentation de Guido Brusco, patron Upstream d’ENI, qui table notamment sur la production de biocarburants à partir de rejets agricoles ; ou encore celle de Nicolas Terraz, de TotalEnergies. Ce dernier a détaillé ses critères d’efficience environnementale pour ses projets extractifs ainsi que de ses ambitions en matière de compensation carbone grâce à la reforestation.

Une imposante délégation ivoirienne

Les participants à cette rencontre ont été également attentifs aux exemples concrets d’optimisation des ressources gazières en vue d’une production électrique locale donnés par Sonelgaz en Algérie, Perenco au Gabon et au Cameroun ou encore Seplat au Nigeria, dont les CEO étaient présents à Dubaï.

« Oui, il est nécessaire d’aller vers une énergie plus propre, mais pour nous Africains, la première priorité est d’accélérer l’accès à une énergie fiable et abordable, alors que seulement 25% de nos concitoyens y ont accès sur le continent, et que nos besoins vont croissant, du fait de notre démographie », a fait valoir l’Égyptienne Amani Abou-Zeid, Commissaire de l’Union africaine pour l’énergie et les infrastructures, très applaudie à l’Africa Oil Week.

L’imposante délégation ivoirienne, menée par Thomas Camara, le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, a sans conteste été la plus courtisée lors de cette édition, après la découverte par ENI début septembre 2021 de plus de 1,5 milliard de barils au large d’Assinie sur le bloc Baleine CI-101, que le patron local du groupe italien, Sergio Laura a présenté en détail.

À noter également la présence remarquée à Dubaï du nouveau patron de la zone Afrique subsaharienne de TotalEnergies exploration-production, le Gabonais Henri-Max Ndong Nzue, premier subsaharien à ce poste.

En signe de protestation

L’Africa Oil Week, dont l’édition 2022 se tiendra à nouveau au Cap, a toutefois été boudée cette année par une poignée minoritaire de ministres africains, notamment ceux du Congo-Brazzaville – qui y avait toutefois envoyé une importante délégation -, de la Guinée équatoriale, de l’Afrique du Sud et du Gabon, qui participaient au même moment à une conférence concurrente au Cap, l’Africa Energy Week, en signe de protestation contre la délocalisation de l’évènement en dehors du continent.