Politique

Macky Sall et l’exception sénégalaise

Réservé aux abonnés
Par - à Dakar
Mis à jour le 24 novembre 2021 à 10:19

Macky Sall, le 17 juin 2021. © Papa Matar Diop / Présidence du Sénégal

Macky Sall assumera, à partir de l’année prochaine, la présidence tournante de l’Union africaine et les défis sécuritaires, politiques, économiques et sanitaires ne manquent pas. Jusque-là épargné par le jihadisme et par les coups d’État, peu touché par le Covid-19, le Sénégal saura-t-il franchiser sa potion magique au profit du continent ?

Au sein de la Cedeao, le Sénégal fait figure de double exception. Parmi les quinze pays qui la composent, il est en effet le seul, avec le minuscule et insulaire Cap-Vert, à n’avoir jamais connu de coup d’État depuis son indépendance, en 1960. Un statut de bon élève, dans une classe très agitée, qui lui vaut depuis toujours une aura internationale qui fait parfois grincer les dents de certains « cousins à plaisanterie » influents de la sous-région.

Le Sénégal est aussi l’un des pays ouest-africains qui, malgré sa position géographique périlleuse – aux portes du Sahel – et une population à 90 % musulmane, sera parvenu jusqu’ici à tenir à distance la menace jihadiste quand le Mali, le Niger, le Burkina Faso, le Nigeria ou encore la Côte d’Ivoire n’ont pas eu cette chance.

Alors que le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, vient d’achever une tournée continentale à Dakar et que Macky Sall s’apprête à prendre la présidence tournante de l’Union africaine (UA), en février 2022, succédant ainsi au Congolais Félix Tshisekedi, c’est donc un pays tout à la fois exemplaire et novice qui se retrouvera confronté à des tourments qu’il n’a, lui-même, jamais expérimentés.