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Niger : GoviEx mise 350 millions de dollars sur l’uranium de Madaouela

L’entreprise minière cherche à lever ces ressources en fonds propres et en dette dès l’année prochaine.

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Mis à jour le 12 novembre 2021 à 12:22

Daniel Major est le directeur général de GoviEx. © www.goviex.com

GoviEx, une entreprise minière cotée à la Bourse de Toronto, prévoit d’achever son étude de faisabilité bancaire durant la seconde moitié de l’année prochaine. Le spécialiste du financement minier Endeavour Finance conseillera GoviEx sur la partie dette, qui représentera environ la moitié du montant recherché, a indiqué Daniel Major, directeur général de l’entreprise à The Africa Report/Jeune Afrique.

Selon la même source, la composante en capitaux propres du financement sera envisagée une fois le volet dette conclu. La société est également en discussions avec des producteurs d’électricité en Europe et en Amérique du Nord en vue de signer un accord de vente de sa future production d’uranium.

Pertes de 5,9 millions de dollars

La levée de fonds de GoviEx sera cruciale pour l’avenir de la société basée à Vancouver, qui n’a pas encore de revenus mais doit faire face à des coûts fixes élevés. Les pertes au cours des six premiers mois de l’année ont atteint -5,9 millions de dollars, contre -3,9 millions un an plus tôt. GoviEx, a utilisé des liquidités à un rythme de 581 000 dollars par mois au cours du premier semestre de l’année et avait un stock de liquidités de 8 millions de dollars à la fin du mois d’août.

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GoviEx détient 80 % du projet Madaouela situé à environ 10 km au sud d’Arlit, dans le centre-nord du Niger, et 100 % d’un projet à Mutanga, à environ 200 km au sud de Lusaka, en Zambie. La société a acheté le projet zambien à Denison Mines en 2016. GoviEx détient également 100% du projet d’uranium de Falea au Mali.

Le Niger, cinquième producteur d’uranium au monde

L’uranium a été découvert pour la première fois au Niger en 1957 par le Bureau de recherches géologiques et minières de France, qui cherchait du cuivre. La première mine commerciale d’uranium du pays a commencé à fonctionner en 1971. Aujourd’hui, le pays sahélien est le cinquième plus grand producteur d’uranium de la planète et fournit environ 8 % de la demande mondiale.

Le Code minier du pays a rarement été modifié et le gouvernement du président Mohamed Bazoum, élu en février lors de la première transition démocratique du pays, est « très pragmatique », selon Daniel Major qui qualifie le Niger de « très stable » et estime qu’il y a peu de risques en termes de « nationalisme des ressources ». Malgré une insurrection islamique qui touche le pays, GoviEx a pu opérer « confortablement » au Niger depuis 2007, ajoute le dirigeant minier.

« Déficit d’approvisionnement massif »

Le prix de la livre d’uranium est passé cette année d’environ 30 à 50 dollars. Daniel Major s’attend à ce que les prix augmentent encore dans les années à venir, car le monde est confronté à un « déficit d’approvisionnement massif ». Les mines d’uranium du monde fournissent actuellement environ 128 millions de livres de minerais par an, alors que la demande pour la production d’électricité s’élève à 191 millions de livres, indique l’expert. 

Les prix seront soutenus par le fait que les anciennes mines d’uranium du Canada et du Niger sont en voie d’épuisement et fermeront durant les cinq prochaines années, selon Daniel Major. Une plus grande acceptation de l’énergie nucléaire à travers le monde apporterait un soutien supplémentaire, affirme-t-il, rappelant que le gouvernement britannique a annoncé dans son budget qu’il investirait jusqu’à 1,7 milliard de livres sterling (2,3 milliards de dollars) dans la centrale nucléaire de Sizewell C.