Politique

Côte d’Ivoire : Ouattara muscle la lutte contre le terrorisme 

Le président ivoirien a discrètement mis en place un nouvel organe chargé de centraliser les actions de l’État contre les terroristes présumés. Une initiative encouragée par Paris.

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Mis à jour le 9 novembre 2021 à 17:04

Alassane Ouattara, le 15 septembre à Abidjan. © Issam Zejly pour JA

Alassane Ouattara (ADO) a créé le 6 août, par un décret qui n’a pas été rendu public, le Centre de renseignement opérationnel antiterroriste (CROAT). Cette structure sera placée sous la double tutelle du chef de l’État, qui dirige le Conseil national de sécurité (CNS) et de son frère cadet et ministre de la Défense, Birahima Téné Ouattara.

Cellule opérationnelle

Dirigé par le colonel de gendarmerie Ousmane Yeo, le CROAT est composé de cinq cellules chargées du recueil et de l’analyse des renseignements, de l’appui technologique, de la coopération internationale et surtout, des opérations. Cette dernière permet au pays de légaliser certaines interventions de l’État sur le terrain, comme les interpellations de présumés terroristes.

Par le passé, des opérations clandestines ont pu être menées dans le cadre de la lutte antiterroriste, comme lorsque des éléments des Forces spéciales étaient intervenus en 2016 dans un camp de réfugiés en territoire libérien, afin d’y déloger des miliciens qui les harcelaient régulièrement dans le sud-ouest ivoirien. Cette affaire, qui avait suscité de vives réactions au sein du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés, avait été discrètement réglée par le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Marcel Amon Tanoh.

Le CROAT vient remplacer le Centre de renseignement antiterroriste (CRAT) qui était logé à la Direction des services extérieurs (DSE) de la présidence et qui n’était pas doté d’une cellule opérationnelle. La création de cette structure a été encouragée pendant plusieurs mois auprès d’Alassane Ouattara par le président français Emmanuel Macron et son ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, qui souhaitaient avoir un interlocuteur unique dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.