Économie

Carbone : pourquoi ENI carbure aux biocarburants

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Mis à jour le 26 novembre 2021 à 16:15

Semis de ricin, pour la production de biocarburant, projet d’ENI au Congo-Brazzaville. © Mad Men Studio/ENI

Pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre, le géant italien place au cœur de sa stratégie la production de biodiesel et de bioéthanol à partir de déchets. Après avoir scellé des accords avec le Congo-Brazzaville, l’Angola et le Kenya, le groupe de Claudio Descalzi vise le Rwanda et le Bénin.

« Dans la stratégie d’ENI pour atteindre la décarbonation complète de ses produits et processus d’ici à 2050, les biocarburants jouent un rôle clé. Les accords récemment signés avec le Kenya, l’Angola et le Congo-Brazzaville pour le développement du secteur des agro-biocarburants, ainsi que les récentes visites d’octobre et de novembre 2021 de notre PDG Claudio Descalzi pour discuter des collaborations possibles en la matière – et plus largement ayant trait à la transition énergétique – avec les présidents de Côte d’Ivoire, du Bénin, du Rwanda et du Mozambique en sont le témoignage », fait-on savoir du côté du groupe italien.

Une bioraffinerie à Mombassa

Au Kenya, par exemple, ENI a pour projet de convertir la raffinerie de Mombasa en une bioraffinerie délivrant 250 000 tonnes de biodiesel et de carburants durables pour l’aviation par an. Bioraffinerie qui sera alimentée par des huiles végétales tirées de cultures locales et d’huile de cuisson usagée.

Le groupe piloté depuis Milan étudie également la faisabilité de développer une usine de bioéthanol de deuxième génération qui utiliserait les déchets agricoles et les convertirait en bioéthanol pouvant être mélangé à de l’essence pour améliorer les performances et la qualité du carburant.

Décarbonation des transports

Le Kenya importe actuellement de 1,5 à 2 millions de tonnes d’essence par an. La production locale de bioéthanol contribuerait à la décarbonation du secteur des transports. L’objectif serait de développer une usine produisant 50 kilotonnes de bioéthanol par an.

Dans les pays francophones, c’est au Bénin, où le groupe italien n’est pourtant pas présent, qu’il entrevoit les développements les plus fructueux en la matière, en fabriquant des biocarburants à partir des rejets agricoles de la filière cotonnière, très développée dans ce pays.

Pour aller dans ce sens, ENI a par ailleurs conclu, à la fin de septembre, un partenariat avec l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena) afin de promouvoir l’intégration du continent dans la chaîne de valeur des biocarburants avancés à travers l’agrobusiness et le développement industriel.