Politique

Guinée – Cellou Dalein Diallo : « La chute d’Alpha Condé a été une grande satisfaction »

Réservé aux abonnés
Mis à jour le 2 novembre 2021 à 15:58

Cellou Dalein Diallo arrive au siège de l’UFDG, à Conakry, en octobre 2020 © JOHN WESSELS/AFP

Figure de l’opposition à Alpha Condé, renversé le 5 septembre dernier, le chef de l’UFDG a apporté son soutien à la junte militaire et envisage déjà d’être candidat à la présidentielle qui devrait être organisée à la fin de la transition. Il s’est confié à « Jeune Afrique ».

Depuis plus de dix ans, Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé étaient devenus les meilleurs ennemis de Guinée. Trois présidentielles et moult scrutins législatifs ou locaux, dont « Cellou » a toujours contesté les résultats officiels, les ont opposés, parfois dans la violence et le sang. Même s’il leur est arrivé un court moment, en 2008-2009, de collaborer face au régime ubuesque de Moussa Dadis Camara, ces deux-là se sont toujours détestés.

Entre le diplômé en comptabilité et gestion de l’université de Conakry et le docteur en droit de la Sorbonne, entre le libéral et le socialiste, les seuls points communs étaient la quête du pouvoir et l’animosité réciproque qui les animait. Alors, évidemment, les images d’un Alpha Condé dépenaillé et avachi dans un canapé après le putsch du 5 septembre n’ont guère tiré de larmes à l’ancien Premier ministre de Lansana Conté… Ce dernier, de passage à Paris, nous a reçus le 27 octobre pour répondre à nos questions sur le coup d’État et ses conséquences, la transition en cours, ses ambitions et ses projets, le rôle de la communauté internationale et, bien évidemment, Alpha Condé. Entretien.

Jeune Afrique : Comment avez-vous réagi au putsch qui, le 5 septembre, a provoqué la chute d’Alpha Condé ?

Cellou Dalein Diallo : Avec une grande satisfaction, a fortiori quand la junte a annoncé qu’elle allait mettre en place rapidement des élections libres et transparentes. Il faut bien comprendre qu’à l’époque, tous les recours contre la dictature d’Alpha Condé étaient épuisés. Nous avions alerté la communauté internationale, la Cedeao, l’Union africaine. Et nous avions organisé des marches pacifiques qui ont été violemment réprimées, ce qui n’avait d’ailleurs pas été suffisamment condamné. Il n’y avait pas d’autre issue.