Économie

Maroc : les piliers du système de Chakib Alj, patron des patrons

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Mis à jour le 2 novembre 2021 à 09:58

Les piliers du système de Chakib Alj.

Responsables politiques, grands patrons, amis de longue date… Le successeur de Salaheddine Mezouar à la tête de la CGEM a pu compter sur un solide réseau pour accompagner les entrepreneurs lors la crise du Covid-19 et surmonter les turbulences au sein du patronat.

Élu en janvier 2020 à la tête de la Confédération générale des entreprises marocaines (CGEM) dans un contexte houleux, à la suite de la démission de Salaheddine Mezouar, Chakib Alj, 56 ans, a réussi à calmer les inquiétudes du patronat et à fédérer les différents courants qui y cohabitent. « Affable, à l’écoute, il a eu un effet pacificateur sur la gigantesque institution qu’est la CGEM. Il répond toujours au téléphone et sait se montrer disponible pour tous, quel que soit leur statut. C’est sans doute ce qui lui a permis de stabiliser le navire après le choc sismique généré par le départ brutal de Mezouar », commente un homme d’affaires marocain.

En capitaine d’industrie chevronné – il est à la tête de Cap Holding, un groupe industriel employant directement plus de 2000 personnes, présent dans de nombreux secteurs (aviculture, minoterie, alimentation pour bétail, charcuterie, transport, logistique, hôtellerie, restauration, énergies renouvelables… ) –, il a également su faire face à la pandémie de Covid-19, qui a plongé le monde entier dans une crise économique sans précédent deux mois après son élection et celle de Mehdi Tazi à la tête de la Confédération.

Sa recette ? Un système de fonctionnement aux nombreuses ramifications qui met à contribution les forces de chacun, dans leur singularité, sans chercher à les essentialiser. En plus des chevilles ouvrières de la CGEM et de sa holding, en charge de l’opérationnel, Chakib Alj s’appuie dans chaque domaine sur des spécialistes ainsi que sur de nombreuses amitiés et relations, aussi bien dans le monde des affaires que dans la sphère politique. Un solide réseau sur lequel JA a mené l’enquête.

Mehdi Tazi

Avec Mehdi Tazi, Chakib Alj forme un binôme complémentaire. Pendant que le patron des patrons accomplit quantité d’activités d’ordre diplomatique, en représentant et en défendant les entreprises marocaines aux quatre coins du monde, son vice-président général gère la CGEM au quotidien. Homme de dossiers, ce diplômé de Télécom Paris Sud accompagne les entrepreneurs et s’active pour trouver des solutions à leurs difficultés.

À 46 ans, ce Casablancais mordu de sport – triathlète, il a participé à l’IronMan – a fait ses classes aux côtés d’une des figures du monde des affaires les plus admirées mais aussi les plus redoutables : Moulay Hafid Elalamy (MHE). L’ancien ministre de l’Industrie l’a repéré dès le début des années 2000, alors qu’il était consultant chez KPMG, et l’a recruté dans l’écurie Saham, dont il a gravi les échelons jusqu’à devenir le PDG du pôle Assurances en 2014. En 2017, il décide de voler de ses propres ailes et rachète le cabinet Beassur qui, deux ans plus tard, ouvrira une partie de son capital au géant mondial du courtage Marsh.

Ghita Lahlou

Le Maroc a pris un virage pour les quinze prochaines années, optant pour un nouveau modèle de développement qui fait du capital humain le centre de toutes ses stratégies. La CGEM a adopté dès le départ cette vision et le patron des patrons a choisi Ghita Lahlou pour la porter. Cette personnalité aguerrie a occupé de hautes fonctions dans le holding royal ONA et au sein de Saham, où elle était et reste toujours une des personnes de confiance du président MHE.

Après avoir démarré au sein du groupe au début des années 2000 dans l’activité offshoring, qu’elle a développée pour en faire un mastodonte aujourd’hui coté à l’Euronext, Ghita Lahlou s’est consacrée à un secteur qui lui tient à cœur : l’éducation. Administratrice du Groupe Saham, elle s’occupe de la gestion du pôle santé, offshoring et éducation, à travers sa nouvelle filiale, Sana Education. Elle est à ce titre la patronne de l’École centrale de Casablanca et directrice de l’École internationale de Casablanca. Diplômée de Centrale Paris, Ghita Lahlou a participé à la conception du nouveau modèle de développement élaboré par la Commission Benmoussa – dont elle était l’un des membres les plus actifs et les plus influents.

Abir Lemseffer

« La Confédération générale des entreprises du Maroc veut jouer un rôle « proactif et fédérateur » dans les relations économiques entre le Maroc et l’Union européenne (UE), qui trace sa nouvelle stratégie commerciale post-Covid 19 », a récemment déclaré Chakib Alj. Et pour l’épauler sur ce chantier, le patron des patrons s’appuie sur une experte en la matière : Abir Lemseffer.

Cette figure montante du monde économique a longtemps travaillé comme directrice de la stratégie puis comme chef de cabinet de Aziz Akhannouch, quand ce dernier était ministre de l’Agriculture et de la Pêche. Une expérience qui l’a placée de fait au cœur des relations entre le Maroc et son premier partenaire commercial, l’UE, et qu’elle a ensuite consolidée en prenant en 2018 la direction générale de Maroc Foodex, établissement chargé du contrôle et de la coordination des exportations agricoles du Maroc, puis en rejoignant tout récemment un des plus grands exportateurs marocains de produits agricoles vers l’Europe, le groupe Azura.

Aujourd’hui coordinatrice en chef des relations de la CGEM avec les institutions et les entreprises de l’UE, elle est l’une des personnes clés de la refonte des relations Maroc-UE, pilotée depuis Bruxelles par un ténor de la diplomatie marocaine : Youssef Amrani, ex-chargé de mission au palais royal.

Abdou Diop

Patron de la branche marocaine du cabinet d’audit et de conseil français Mazars, également responsable de son développement africain, ce Sénégalais de 51 ans est considéré comme le « VRP Afrique » du royaume. Président de la commission Afrique de la CGEM, il est chargé du développement des relations d’affaires entre le patronat marocain et ses homologues du continent. Une mission taillée sur mesure pour Abdou Diop, fin connaisseur des milieux d’affaires du continent, du fait de ses activités à Mazars mais aussi de ses anciennes fonctions de président de la commission de coopération Sud-Sud à la CGEM. Des responsabilités qui l’ont amené à être de tous les voyages royaux en Afrique subsaharienne.

Au sein du patronat, Abdou Diop est l’homme qui incarne la nouvelle doctrine du royaume dans les cercles d’affaires africains, basée sur la coopération Sud-Sud, les partenariats win-win, et le co-développement par l’investissement privé.

Youssef Alaoui

Ami de longue date, homme de confiance et bras politique de Chakib Alj au Parlement, Youssef Alaoui a succédé à Abdelilah Hifdi, qui présidait jusque début octobre le groupe CGEM à la Chambre des conseillers. Personnage connu du monde des affaires, décrit par ses pairs comme « intelligent et sympathique », il saura naviguer dans les rouages de l’hémicycle et composer avec les différents groupes de la deuxième chambre, composés notamment des syndicats, des représentants des collectivités territoriales et des chambres professionnelles. Surtout, il défendra les dossiers brûlants sur lesquels la CGEM milite depuis de longues années, comme l’épineuse réforme du Code du travail.

Industriel, agriculteur et éleveur, Youssef Alaoui milite au sein de la confédération depuis plus de vingt ans. Patron de la Compagnie industrielle et commerciale d’alimentation, il est aussi président de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA).

Neila Tazi

PDG du groupe A3, Neila Tazi est une vieille routière de la CGEM. Ancien bras droit de la présidente du patronat Miriem Bensalah-Chaqroun, elle est actuellement présidente de la Fédération des industries culturelles et créatives au sein de la confédération. Connue du grand public pour avoir initié le célèbre festival Gnawa d’Essaouira, cette native de Washington, fille d’un haut dirigeant marocain à la Banque mondiale, milite corps et âme pour les intérêts de ses pairs, et entend faire de la culture un secteur économique à part entière.

Cette féministe assumée est également l’une des cartes maîtresses du patronat à la deuxième chambre du Parlement, dont elle a été vice-présidente après son élection en 2015 en tant que conseillère au nom du patronat. Réélue en 2021, elle a désormais la casquette de présidente de la commission des Affaires étrangères.

Hicham Zouanat

Au patronat, on l’appelle « l’homme des missions difficiles ». Les problématiques sociales, la relation aux syndicats, le droit du travail… c’est lui. Chakib Alj compte beaucoup sur Hicham Zouanat, président de la Commission emploi et relations sociales de la CGEM, pour gérer tous ses dossiers brûlants et défendre les entreprises dans le dialogue social avec le gouvernement et les syndicats. DRH du groupe NABC, ce dernier dispose d’une expérience en ressources humaines longue d’une vingtaine d’années acquise au sein de multinationales comme Danone ou Coca-Cola, mais aussi de grands groupes marocains.

La pandémie de Covid-19 l’a propulsé sur le devant de la scène : il est alors monté au front pour défendre les intérêts du patronat au sein du Comité de veille stratégique créé pour gérer la crise. Il a été ainsi derrière les deals sur le chômage partiel versés aux employés non actifs pendant le confinement. Il s’active désormais pour élaborer une proposition de cadre juridique au télétravail et pour défendre la vision du patronat dans le dossier de la réforme du Code du travail, chantier dont la CGEM a fait une priorité dans son récent « Livre Blanc » adressé aux pouvoirs publics.

Samia Terhzaz

La CGEM n’est pas qu’une simple confédération de patrons mais une « boîte » à part entière. Pour s’acquitter des diverses tâches de gestion, Chakib Alj s’appuie sur un profil solide, qui a fait ses preuves dans plusieurs postes à responsabilité de grands groupes marocains : Samia Terhzaz, sa directrice générale déléguée.

Diplômée de l’Université Paris Dauphine-PSL, cette marathonienne – elle préside d’ailleurs le Club marocain des coureurs de fond (CMCF) – est une ancienne du holding royal ONA, devenu Al Mada, et du groupe Saham, qu’elle a intégré en 2008 et où elle a occupé différents postes (directrice des fonctions support, directrice Bancassurance, DGA pôle Gestion et secrétaire générale).

Marwa Tellal

Partout où on voit Chakib Alj, on peut être sûr que Marwa Tellal n’est pas très loin. Le président de la CGEM ne se déplace quasiment jamais sans elle. Visage connu des médias marocains, cette diplômée de l’ISIC qui a débuté dans le journalisme au sein du groupe Maroc Soir veille sur l’image publique du patron des patrons, à qui elle rend compte directement, en tant que directrice de la communication, des relations publiques et des questions internationales de la confédération.

Entrée à la CGEM en 2017 après avoir été consultante RP à l’université Al Akhawayn et à la COP22, Marwa Tellal a su développer une relation de proximité et de confiance avec les principaux journalistes économiques du pays.

Rabii Baghaz

Beaucoup de patrons passés par le poste très prenant de président de la CGEM y ont laissé des plumes, délaissant la gestion de leurs propres affaires. Pour mener à bien sa mission sans pour autant laisser son groupe à l’abandon, Chakib Alj s’appuie sur un homme de confiance, avec qui il travaille depuis quinze ans : Rabii Baghaz, qu’il a nommé DG de son groupe Cap Holding au moment de son élection à la tête de la confédération.

Né à Rabat en 1979, Rabii Baghaz a entamé son parcours professionnel à KPMG Maroc en tant qu’auditeur, avant de rejoindre en 2007 la Société nouvelle des moulins du Maghreb, en tant que directeur administratif et financier. Cette filiale de Cap Holding opère notamment dans le négoce des matières premières, la minoterie et semoulerie, la production de sacs en polypropylène et polyéthylène, la production d’aliments composés, les fermes de reproduction et d’engraissement ainsi que l’abattage et l’accouvage.

Said Alj

Dans les cercles des affaires et de pouvoirs, on dit que Said Alj est le faiseur des patrons de patrons. Le fondateur du groupe Sanam (Unimer, Stockvis…), connu pour sa discrétion légendaire, n’a jamais démenti ou confirmé cette information, mais il fut néanmoins le parrain de la candidature de Chakib Alj, son cousin, à la tête de la confédération après la démission de Salaheddine Mezouar.

Surnommé le « roi de la sardine » – les marques Unimer étant exportées un peu partout dans le monde –, il est également connu pour être l’un des partenaires clés de Moulay Hafid Elalamy. « Il n’y pas une de ses affaires où Said Alj n’est pas présent, que ce soit dans Saham ou dans les participations minoritaires que prend MHE dans diverses activités et entreprises, comme le groupe de distribution Label’Vie par exemple », nous confie un homme d’affaires marocain.

Cette relation de proximité avec l’ancien ministre de l’Industrie fait dire à beaucoup que la CGEM serait tombée dans l’escarcelle du RNI, parti dont est issu MHE. « Chakib Alj est totalement apolitique et n’a jamais été étiqueté comme un homme d’affaires prédateur. Il a certes des relations de proximité avec les cercles d’influence à Rabat, mais c’est dû essentiellement à la confiance qu’il dégage. C’est un homme très affable, qui gère bien ses affaires et qui a à cœur de défendre les intérêts du Maroc », ajoute notre source. Mécène de son cousin, Said Alj n’est d’ailleurs jamais intervenu, nous dit-on, pour faire privilégier ses intérêts propres au détriment d’autres entreprises ou homme d’affaires.

Mohamed El Kettani

PDG de la première banque du pays, Attijariwafa Bank, et architecte de son expansion sur le continent, Mohamed El Kettani fait partie des personnes les plus chères à Chakib Alj. Une relation réputée ancienne, qui ne date pas de l’élection de Chakib Alj à la tête de la CGEM, ni de la nomination de El Kettani à la tête de la banque en 2007. En tant qu’entrepreneur, Chakib Alj a en effet développé des liens privilégiés avec les banquiers. Et notamment avec Mohamed El Kettani, qui a occupé plusieurs postes à responsabilité au sein d’Attijariwafa bank, avant d’en prendre la présidence.

Les deux hommes travaillent ensemble au sein de la CGEM, El Kettani étant un membre de la confédération et de son conseil d’administration. Un lien qui facilite les échanges entre le patronat et les banques, puisque El Kettani est vice-président du GPBM, leur très influent groupement. « La relation entre la CGEM et le GPBM n’a jamais été un long fleuve tranquille. Il y a encore aujourd’hui des crispations, notamment sur la question du financement des PME et des TPE. Les amitiés comme celles de Alj et Kettani permet de fluidifier les échanges, comme cela a été le cas lors de la crise du Covid, qui a fait des banques le principal pompier de l’économie », explique un membre du patronat.

Zouhaïr Bennani

Fondateur du groupe Best Financière, propriétaire entre autres de la chaîne de grande distribution Label’Vie, Zouhaïr Bennani est l’un des hommes de confiance de Chakib Alj. « Un de ses amis les plus proches », souligne une source patronale. Une amitié qui s’est construite au fil du temps, mais qui est également empreinte d’intérêts mutuels, un des actionnaires de référence de Label’Vie n’étant autre que Said Alj, cousin et parrain du président de la CGEM.

Et cela ne s’arrête pas là : grand opérateur du secteur agroalimentaire, Chakib Alj s’appuie sur le réseau de distribution de Zouhaïr Bennani pour écouler ses produits dans les différentes chaînes qu’il gère : les Label’Vie, les Carrefour Market et les Atacadao, aussi bien au Maroc qu’en Afrique subsaharienne, où son groupe a entamé son expansion ces dernières années, avec une première installation en Côte d’Ivoire.

Steve Ohana

Après le rétablissement des relations entre le Maroc et Israël, en décembre 2020, la CGEM a été aux avant-postes pour développer des partenariats entre les secteurs privés des deux pays. Pour piloter ce dossier, Chakib Alj a fait appel à un de ses amis de longue date, l’homme d’affaires Steve Ohana – neveu du défunt milliardaire marocain Jo Ohana.

Très connecté dans le monde du business aussi bien côté marocain qu’israélien, celui qui est à la tête, entre autres, de la Société chérifienne de remorquage et d’assistance (SCRA), est depuis février dernier à la tête du tout nouveau Conseil d’affaires Maroc-Israël. Celui-ci doit œuvrer dans « plusieurs secteurs d’intérêt commun identifiés tels que l’agriculture, les énergies renouvelables, l’eau, l’industrie, le tourisme, l’éducation, les nouvelles technologies, l’innovation et la cybersécurité », a souligné Steve Ohana dans un webinaire consacré aux relations d’affaires bilatérales. En plus de travailler au développement des investissements israéliens au Maroc, Steve Ohana veille aussi à l’ouverture du marché de l’État hébreu aux exportateurs du royaume.

Moulay Hafid Elalamy

À son élection à la tête du patronat, Chakib Alj avait en face de lui, au très stratégique ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Investissement, un homme qu’il connaît bien : Moulay Hafid Elalamy, patron du groupe Saham, devenu ministre sous les couleurs du RNI de 2013 à 2021. Un homme qui connaît très bien la maison CGEM pour l’avoir présidé de 2006 à 2009.

L’alignement des intérêts était ainsi évident. Mais il l’est devenu encore plus avec la crise du Covid-19, qui a poussé MHE à changer toute sa stratégie industrielle, misant désormais sur le « made in Morocco » pour répondre aux enjeux de souveraineté économique. Le ministre de l’Industrie n’aurait pas pu atteindre ses objectifs sans l’adhésion de la CGEM et de ses acteurs, qui ont été appelés à changer du jour au lendemain d’état d’esprit, voire même d’activités pour répondre aux besoins les plus pressants du royaume en matière de masques, de respirateurs artificiels, etc.

Mohamed Benchaâboun

Pour les âpres négociations sur la loi de Finances, la réforme de la fiscalité, ou d’autres dossiers comme les délais de paiement ou la commande publique, Chakib Alj a trouvé en face de lui une autre vieille connaissance : Mohamed Benchaâboun, ministre des Finances aux couleurs du RNI. Ce dernier, qui a a dirigé la BCP, deuxième groupe bancaire du pays, de 2008 à 2018, comprend bien les enjeux et le discours des entrepreneurs.

La complicité entre les deux hommes s’est renforcée au moment de la crise du Covid-19, avec des entretiens – en distanciel – presque tous les jours dans le cadre du Comité de veille économique (CVE) présidé par le ministre des Finances et dont la CGEM a été partie prenante. Les décisions du comité ont pu sauver des milliers de sociétés et des millions d’emplois, avec notamment une batterie de mesures de soutien aux entreprises, dont des financements à faible coût garantis par l’État. Aujourd’hui ambassadeur à Paris, deuxième partenaire commercial et économique du royaume, Benchaâboun continuera certainement à plaider la cause du secteur privé marocain.

Nabil Benabdallah

C’est une amitié contrintuitive qui lie le patron des patrons à Nabil Benabdellah, secrétaire général du PPS, l’ancien parti communiste fondé par Ali Yata. Pourtant, leur relation résiste à toutes les tempêtes. Pour les proches de Chakib Alj, elle repose à la fois sur une certaine intelligence sociale et politique du président de la CGEM, qui parvient à tisser des liens de confiance avec tous les courants politiques du pays. Mais aussi sur des affinités personnelles, la personnalité haute en couleurs de Benabdallah ne laissant personne indifférent, même du côté de ses « opposants ». Beau parleur, tribun né à la moustache toujours soignée, l’homme jouit d’un sens de l’humour acéré.

Repéré en 2003 par le Premier ministre Driss Jettou, qui en a fait le porte-parole de son gouvernement et son ministre de la Communication, Benabdellah a  ensuite été ambassadeur du royaume à Rome en 2009, puis ministre de l’Habitat sous Abdelilah Benkirane de 2012 à 2017. Il restera ministre sous le gouvernement de Saâdeddine El Othmani, jusqu’en 2019. Des fonctions qui l’ont amené à travailler en relation avec le patronat et le secteur privé.