Politique

Mauritanie : Mohamed Ould Abdelaziz muscle sa défense

Arrêté le 22 juin et détenu à Nouakchott, l’ancien président a recruté un nouvel avocat. Ce Français veut interpeller l’opinion internationale sur les conditions de détention de son client.

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Mis à jour le 26 octobre 2021 à 15:15

L’ancien président Mohamed Ould Abdelaziz, lors du Festival des villes anciennes à Oualata. © THOMAS SAMSON/AFP

Mohamed Ould Abdelaziz fourbit ses armes. Si, en Mauritanie, il est toujours représenté par Mes Mohameden Ould Ichidou et Taleb Khiyar Ould Mohamed Maouloud, l’ancien président vient de solliciter les services d’un nouvel avocat français afin de lancer de nouvelles procédures hors du pays et d’interpeller l’opinion publique internationale sur son cas. Ce dernier a donné son accord de principe, mais prévoit de s’entretenir avec son client à Nouakchott en novembre.

Nouvelle stratégie

Selon nos informations, il s’agit de Me Raphaël Constant, un ancien bâtonnier de l’ordre des avocats de Martinique. Me David Rajjou, l’autre conseil français de « Aziz », l’accompagnera en Mauritanie afin de discuter de la stratégie judiciaire à adopter.

Une plainte devant les Nations unies pour, entre autres, « détention arbitraire », « violation des droits constitutionnels », « pressions policières » et « instrumentalisation du pouvoir judiciaire » a déjà été déposée par ses avocats. Raphaël Constant doit maintenant engager des procédures devant l’Union africaine et la Ligue arabe.

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Sous mandat de dépôt depuis le 22 juin, l’ex-chef de l’État est toujours détenu dans une maison aménagée au sein de l’École de police de Nouakchott. Alors qu’il a été placé en détention préventive pour non respect des mesures de son contrôle judiciaire et trouble à l’ordre public, le juge est, en principe, tenu d’accélérer le processus de l’instruction. Ses conditions d’incarcération se sont durcies – il n’a pas accès à la promenade, à la télévision, à la presse et ses avocats sont minutieusement fouillés avant toute visite –, ce que compte aussi dénoncer sa défense.

Dossier rwandais

Par le passé, Me Constant a défendu devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) l’ancien directeur de cabinet du ministre rwandais de la Défense Théoneste Bagosora, souvent présenté comme le « cerveau du génocide des Tutsi ». Le colonel est décédé au mois de septembre alors qu’il se trouvait en prison au Mali, où il purgeait une peine de 35 années de réclusion criminelle.

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Raphaël Constant est par ailleurs l’un des avocats des parties civiles dans le scandale du chlordécone, un puissant insecticide qui a contaminé une grande partie de la population de la Martinique et de la Guadeloupe et a continué d’être utilisé localement après son interdiction en 1993.