Économie

Finance : dix choses à savoir sur Delphine Traoré, la Burkinabè qui monte chez le géant allemand Allianz

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Mis à jour le 29 octobre 2021 à 13:31

Delphine Traoré, directrice générale d’Allianz Africa à compter du 1er Novembre 2021. © Allianz Africa

La Burkinabè devient numéro un d’Allianz Africa à compter du 1er novembre. Membre du comité exécutif et directrice régionale des opérations depuis 2017, elle est la première femme africaine à occuper de telles responsabilités auprès du leader mondial de l’assurance.

1. Origines modestes

Delphine Traoré est native d’Orodara, petit village à l’ouest de Bobo-Dioulasso, la deuxième ville du Burkina Faso. Sa première langue, avant ses 5 ans, n’était ni le français ni l’anglais, mais le siamou, idiome krou parlé dans le sud-ouest du pays.

2. Père fondateur

Ancien diplomate dans le génie rural, son père, Jules Dekrin Traoré, a tenu à ce que ses trois filles soient formées dans de prestigieuses écoles, dans une logique d’égalité des sexes. À contre-courant des préceptes de l’entourage familial qui lui dictaient de privilégier l’éducation de son fils unique, il n’a pas hésité à puiser dans ses économies pour envoyer sa fille Delphine à l’université, aux États-Unis (Boston University, Massachusetts).

3. Seule Africaine au comex

Depuis qu’elle a été nommée directrice des opérations (COO) de la branche Afrique de l’assureur allemand en 2017, Delphine Traoré est devenue la seule femme noire « à bord ». Elle participe à la prise de décision dans une multinationale qui compte plus de 150 000 collaborateurs à travers le monde et représente 140 milliards de revenus au global (en 2020). Le siège des opérations d’Allianz Africa est établi à Abidjan tandis que la majorité des fonctions administratives est localisée à Casablanca. Un nouveau hub en Afrique de l’Est est, quant à lui, situé à Nairobi depuis le récent rapprochement avec Jubilee Holdings.

4. Interprète

À la fin de ses études secondaires, elle souhaite devenir interprète international mais, sur les conseils de son père une fois n’est pas coutume , se tourne finalement vers la finance. Elle hésite un temps à poursuivre vers l’expertise comptable, avant de décrocher un premier emploi dans une compagnie d’assurances américaine.

5. États-Unis

Delphine Traoré passe le début de sa vie active en Amérique du Nord. Après avoir obtenu une maîtrise en gestion des assurances de l’université de Boston, la Burkinabè décroche une licence en commerce et en comptabilité de l’université de Pittsburgh, avec grande distinction (cum laude). Elle est, par ailleurs, assureur agréé en assurance vie et en assurance dommages de l’American Institute for Chartered Property Casualty Underwriters (AICPCU), une ONG qui dispense formations et certifications.

Après un premier emploi dans l’Ohio, dans le Midwest américain, elle s’envole pour le Canada en 2005 et rejoint le groupe Allianz, où elle occupe plusieurs postes à responsabilité au sein d’Allianz Global Corporate & Specialty (AGCS), business unit du groupe centrée sur les services de gestion des risques.

6. Ngozi Okonjo-Iweala

La Burkinabè voue une admiration certaine à Ngozi Okonjo-Iweala, à la tête de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) depuis février 2021, une femme africaine qui « (l)’inspire particulièrement ». La Nigériane a été directrice adjointe de la Banque mondiale pendant vingt-cinq ans, ministre des Finances du Nigeria à deux reprises et a brièvement occupé le poste de ministre des Affaires étrangères en 2006.

Elle siège par ailleurs aux conseils d’administration de Twitter, Standard Chartered Bank ainsi que de Gavi (alliance du vaccin). Un parcours qui a eu une grande influence sur la manière de diriger et de s’imposer dans le monde professionnel de Delphine Traoré. Laquelle a côtoyé Ngozi Okonjo-Iweala des années durant quand l’économiste présidait Africa Risk Capacity, agence de l’Union africaine spécialisée dans la réponse aux risques climatiques et catastrophes naturelles, dont elle est toujours administratrice.

7. Courte échelle

Grâce à sa position au sein du géant mondial des assurances et aux différentes plateformes auxquelles elle a accès, elle nourrit l’ambition de « faire monter en compétence les jeunes femmes et hommes dans les domaines de la finance et des technologies en Afrique ». Elle affirme, par ailleurs, faire de l’égalité des genres dans le milieu professionnel une priorité.

8. Spiritualité

Matinale, Delphine Traoré pratique « la gratitude » après avoir prié. Elle aime se concentrer, dans le calme, avant que son mari et ses enfants ne soient réveillés, et se focaliser sur ce qui est positif, sur le travail accompli, et prendre ainsi la mesure de ce qu’il reste à parcourir. « Ce rituel contribue, année après année, à la réalisation de mes objectifs de vie, personnels et professionnels », assure-t-elle.

9. Sororie à succès

Chacune dans sa spécialité, les sœurs de Delphine Traoré portent, elles aussi, « haut les drapeaux burkinabè et africain ». Apolline Traoré, formée à New York, est réalisatrice dans le cinéma et directrice générale d’une société de production locale, Les Films Selmon, créée en 2001. Valérie Traoré, elle, est la fondatrice et la directrice générale de Nyel, une société de conseil en affaires publiques, présente au Sénégal, au Rwanda et à Maurice, active sur toutes les questions relatives à la défense des droits humains.

10. Distinctions multiples

L’assureuse collectionne les prix et distinctions. Classée au sein des 50 femmes les plus influentes d’Afrique en 2018 par Jeune Afrique, Delphine Traoré figure parmi les femmes leaders économiques de Forbes Africa un an plus tard. En 2015, la native d’Orodara avait remporté  le trophée du Leadership féminin lors des Africa Leadership Awards et, la même année tout comme la précédente , figurait au classement des leaders économiques de demain de l’étude Choiseul 100 Africa.