Société

Présumée sextape de Tiwa Savage : « Touche pas à ma réputation ! »

Mis à jour le 21 octobre 2021 à 15:40
Damien Glez

Par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Damien Glez © Damien Glez

Sextape authentique de star nigériane ou fake news d’escroc ? La réaction intrépide de la chanteuse Tiwa Savage fait le buzz et intéresse les médias les plus rétifs à ce genre d’actualité.

Une certaine Afrique a résolument cédé au pire de la mondialisation 2.0 : les fake news qui, comme au Mali, cannibalisent la catharsis politique et les sextapes de personnalités qui, comme au Cameroun, polluent les couloirs médiatico-judiciaires. Au Nigeria, ces deux ingrédients sulfureux font une actualité commune, avec en prime une pincée de chantage, cerise toxique sur un gâteau déjà indigeste…

Depuis quelques semaines, un maître-chanteur tente d’escroquer Tiwa Savage, en menaçant de diffuser une vidéo à caractère sexuel. Rien de nouveau sous le soleil de Lagos, si ce n’est la réaction de l’auteure-compositrice-interprète. Refusant qu’on fasse chanter une chanteuse, convaincue que la meilleure défense est l’attaque et peut-être consciente que les sextapes font les carrières – people plus qu’artistiques, il est vrai – autant qu’elles les défont, l’artiste a décidé de compromettre la capacité de nuisance de l’escroc en provoquant elle-même ce buzz médiatique qui constituait la clef de la menace.

Contrôler le récit

Celle que certains considèrent comme la reine actuelle de la scène afrobeats a donc dévoilé, pour mieux le déminer, l’ultimatum canaille sur la place publique. Dans une interview pour le « Angie Martinez Show », sur New York’s Power FM, elle a éventé ce que les impudents menaçaient de diffuser, ne s’attardant pas sur l’éventuelle authentification de la vidéo, mais affirmant avec force qu’elle ne payerait pas les maîtres-chanteurs.

Elle a enfoncé le clou sur les réseaux sociaux en s’adressant directement à ceux qui la menacent : « Vous avez détesté la façon dont j’ai pu contrôler ce récit et prendre de l’avance sur cette histoire, avant qu’elle ne me consume. » Elle a même remué le couteau dans la plaie en précisant qu’elle raillait, sur scène, cette farce censée l’engoncer dans la honte. C’est effectivement en concert, à Lagos, que la chanteuse a affirmé à son public que « personne ne verra jamais la sextape ».

Harcèlement numérique

Certainement piqué au vif, le maître-chanteur a publié, lundi soir, une vidéo qu’il affirme être une captation d’ébats sexuels de la musicienne. Si la réaction offensive de Tiwa Savage rend cette affaire édifiante, sur le plan journalistique, l’investissement de médias prestigieux est inaccoutumé. La BBC Pidgin est allée jusqu’à tenter d’authentifier la vidéo. Sans succès. Si la sélecte institution britannique ne peut ignorer ce genre d’actualité, c’est que cette dernière renseigne sur les dangers du harcèlement numérique.

L’ampleur de la carrière de Tiwa Savage finit de faire de cette occasion graveleuse le larron journaliste. Après des collaborations avec Wizkid, Davido, Sam Smith ou Beyoncé, et une apparition dans la série télévisée Shuga, la quadragénaire détentrice d’une douzaine d’Awards est en contrat avec Universal Music Group. Mardi, le sujet de la prétendue vidéo devenait la tendance numéro un de Twitter au Nigeria…