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Ils font bouger le Maroc

Que ce soit dans l'industrie, la communication, la finance ou les nouvelles technologies, le patronat prend un sérieux coup de jeune. Dotés d'une solide formation, ces dirigeants d'entreprise affichent tous des idées novatrices.

Neila Tazi
Directrice générale de l’agence A3 Communication
Dans tout ce qu’elle entreprend transparaît la volonté de faire du Maroc un carrefour de rencontres culturelles. Peut-être une manière de faire partager sa propre histoire, elle qui est née aux États-Unis et a grandi au Maroc avant de suivre ses études en France. En 1992, elle participe au Trophée automobile Aïcha des Gazelles et y rencontre ses deux futures associées. Elles mettent chacune 3 300 DH (330 euros) dans la création d’A3 Communication, devenue depuis une institution. En 1998, Neila Tazi lance à Essaouira un festival international autour d’un thème à l’époque déprécié : la musique gnawa Il a reçu plus de 450 000 visiteurs l’année dernière. Résolument « branchée », Neila Tazi a également lancé, il y a trois ans, Exit Urban Guide, la première revue culturelle marocaine. Encore une réussite. Comme l’ont été le grand rendez-vous annuel de musiques sacrées de Fès, ou encore celui du film de Marrakech, auxquels elle a déjà pris part. Quant au petit dernier, le Festival de Casablanca, inauguré en 2005, sa voie est déjà toute tracée et sa pérennité assurée.

Miriem Bensalah Chaqroun
Directrice générale des Eaux minérales d’Oulmès
En 1989, quand son père la nomme à la tête de la société des Eaux minérales d’Oulmès, l’héritière du groupe Holmarcom a tout juste 27 ans. Diplômée d’un master de finances obtenu aux États-Unis, elle a déjà travaillé trois ans à la Société marocaine de dépôt et de crédit. Depuis, elle a développé l’entreprise familiale, qui distribue les principales eaux de source du pays et certains sodas, et maintenu sa place de leader incontesté du marché. Miriem Bensalah Chaqroun est par ailleurs membre du Comité Averroès pour le rapprochement maroco-espagnol et vice-présidente de l’association Maroc Entreprendre. Elle siège également au conseil d’administration de l’Association des femmes chefs d’entreprise du Maroc (Afem) et préside Forum Casablanca, qui a réussi un coup de maître en organisant un festival en juillet 2005. Miriem Bensalah Chaqroun vient enfin d’être classée par le magazine d’affaires américain Forbes parmi les cinquante femmes d’affaires les plus influentes du monde arabe. Administrateur de la Bank Al-Maghrib, vice-présidente de la Banque populaire de Casablanca, elle siège au conseil d’administration de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). Certains annoncent même sa candidature à la présidence de l’organisation du patronat marocain. Réponse en juin prochain.

Khalid Oudghiri
PDG d’Attijariwafa Bank
A 40 ans, Khalid Oudghiri est aujourd’hui l’une des figures les plus importantes du paysage économique marocain. Ancien responsable de la zone Moyen-Orient au siège de BNP Paribas à Paris, il est nommé PDG de la Banque commerciale du Maroc (BCM) à la fin de 2002. En 2003, il déclenche la plus grosse fusion bancaire du Maroc : le rachat de Wafabank par BCM pour 386 millions de dirhams (35 millions d’euros). Ces deux établissements, qui sont respectivement la dixième et la deuxième banque du pays, donnent naissance à Attijariwafa Bank, l’actuel numéro un marocain. « Bosseur, dynamique et réactif », c’est en ces termes que ses collègues parlent de lui. En l’espace de trois ans, il a réussi à imposer le statut et l’image d’Attijariwafa Bank sur un plan national et international. Le groupe est désormais présent en Tunisie, grâce à l’acquisition de la Banque du Sud tunisienne, fin 2005, mais aussi en Chine et au Moyen-Orient. L’ambition de Khalid Oudghiri ne s’arrête pas là : son nouveau challenge est de créer ?LA banque des Marocains sans frontières.

Karim Zaz
PDG de Maroc-Connect
Surnommé « le David des télécoms », Karim Zaz, jeune PDG, diplômé de Polytechnique et de Sup’Télécom, a réussi en sept ans à devenir le deuxième fournisseur d’accès à Internet (FAI) du pays avec 12 000 abonnés privés et 4 000 entreprises clientes. En 1999, il crée Wanadoo Maroc avec le soutien de France Télécom, et monte Maroc Connect, la structure juridique en charge de la marque. En 2003, alors que Wanadoo Maroc est menacée de fermeture par sa maison mère, Karim Zaz réussit à trouver les capitaux nécessaires à la reprise de l’entreprise grâce à deux fonds de capital-risque, Attijari Capital et Fipar. 2005 est l’année de la consécration pour Maroc Connect qui obtient, à la surprise générale, la 3e licence de téléphonie fixe du pays, en déboursant 306 millions de dirhams (27,7 millions d’euros). Aujourd’hui, la société travaille à la commercialisation de ses forfaits ADSL et continue à se développer sur le marché des NTIC. Et Karim Zaz se prépare déjà à une introduction en Bourse de la société pour ses dix ans d’existence.

Tarik Sijilmassi
PDG du Crédit agricole
E n plus d’être polyglotte (il parle arabe, français, anglais et danois), Tarik Sijilmassi présente un beau CV. Natif de Rabat, il est diplômé de la prestigieuse école HEC. De retour au pays, il travaille à la Banque commerciale du Maroc (BCM) de 1986 à 1993. Il occupe ensuite le poste d’administrateur général au sein d’un groupe industriel, avant de revenir au secteur bancaire en 2001 pour se voir confier la direction du pôle clientèle du Crédit agricole. En 2003, il est nommé par le roi Mohammed VI directeur général de cette même banque. Aujourd’hui, à 42 ans, Tarik Sijilmassi en est devenu le président. Il a entrepris avec succès de nombreuses réformes : changement de statut juridique du Crédit agricole devenu société anonyme à directoire avec conseil de surveillance, restructuration financière, développement de produits innovants à destination du monde rural. Alors qu’elle était en crise depuis plusieurs années, la banque affiche désormais de bons résultats – sans atteindre cependant l’équilibre financier. Sijilmassi a encore du pain sur la planche pour consolider la croissance et transformer un organisme financier spécialisé en banque de services universels.

Hassana Iraki
Fondatrice de Bigdil
L es quadras du business font aussi bouger le secteur de la distribution, à coup d’idées nouvelles inspirées de l’étranger. Hassana Iraki (42 ans), diplômée de HEC Montréal, a décidé de lancer en 1999 le premier magasin d’accessoires féminins Bigdil, partant d’un double constat : alors qu’une classe moyenne commence à émerger dans les grandes villes, les jeunes Marocaines, à l’instar des Européennes, sont de plus en plus sensibles à la mode. Le succès de ses barrettes, bijoux, sacs, produits de maquillage et autres articles de beauté mode et bon marché est tel que, l’année suivante, Hassana Iraki s’associe avec le groupe financier Saham pour développer le réseau de franchise Bigdil dans les principales villes du royaume. Le nombre d’enseignes est passé de quatre en 2001 à vingt et un en 2004 – dont trois boutiques à Casablanca, deux à Marrakech et deux à Agadir. Le nombre d’implantations devrait atteindre trente-six à la fin de 2006, pour un chiffre d’affaires estimé à 80 millions de dirhams.

Mustapha Terrab
PDG de l’Office chérifien des phosphates (OCP)
M ustapha Terrab a quitté Washington et ses fonctions à la Banque mondiale pour revenir au Maroc et présider depuis février 2006 aux destinées de l’un des fleurons des entreprises du royaume : l’Office chérifien des phosphates (OCP).
Diplômé de l’École des ponts et chaussées (à Paris), titulaire d’un MBA et diplômé en recherche opérationnelle du prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT), Mustapha Terrab a été consultant auprès de grandes sociétés américaines. Ce natif de la ville de Fès est ainsi devenu un pur produit de l’école anglo-saxonne.
En 1992, il devient chargé de mission au cabinet royal, avant de se voir nommé en 1998 directeur de l’Agence nationale de régulation des télécommunications (ANRT). En conflit avec le ministère des Télécommunications dans le cadre de la libéralisation du secteur, Mustapha Terrab finit par démissionner en 2003 – non sans avoir auparavant mené avec brio la procédure d’attribution de la deuxième licence de téléphonie mobile à Méditel. Aujourd’hui, à la tête d’un groupe classé premier exportateur mondial de phosphates, qui emploie plus de 22 000 personnes, Terrab a d’autres défis à relever. À charge pour lui d’optimiser la rentabilité de l’OCP, d’augmenter sa valeur ajoutée et de moderniser les infrastructures. Bref, de conforter sa position de leader.

Mohamed Lakhlifi
Directeur associé d’Unilog France (Groupe LogicaCMG)
Il y a dix-huit ans, Mohamed Lakhlifi intégrait la société Unilog France, spécialisée dans le conseil et l’intégration de systèmes d’information. Depuis, ce quadragénaire, né à Meknès, en est devenu directeur associé. Après avoir joué un rôle clé dans le choix de Rabat pour une première implantation ?offshore d’Unilog, il s’apprête à poursuivre ses activités à Casablanca.
Titulaire d’un DESS en systèmes d’information, il entre en 1988 chez Unilog. En 1995, il intègre un MBA à Sup de Co Paris pour approfondir ses connaissances du management. Parallèlement, Lakhlifi s’intéresse à l’offshoring. À ce titre, il est sollicité en 2003 pour présenter une étude sur les destinations idéales pour la délocalisation des activités de développement et de maintenance informatiques d’Unilog. Son choix s’arrête dans un premier temps sur Rabat, avant de s’orienter sur Casablanca. Il a d’ailleurs été désigné pour diriger le centre casablancais dès le 1er juillet 2006.

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