Économie

Finance : le burkinabè Fidelis passe l’épreuve de la notation

Pour sa première évaluation, le spécialiste du crédit-bail implanté au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire décroche la note A- auprès de l’agence Bloomfield. Jeune Afrique détaille les raisons de cette performance.

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Par - à Ouagadougou
Mis à jour le 22 octobre 2021 à 12:52

À droite, Abdoulaye Sory, directeur général de Fidelis Finance, lors d’une cérémonie de remise de matériel financé par l’établissement. © Fidelis Finance

Une qualité de crédit élevée sur le long terme, une bonne capacité à déployer sa stratégie et une flexibilité financière. Ce sont les trois points forts de Fidelis Finance mis en avant par l’agence de notation Bloomfield Investment pour expliquer la note A- assortie d’une perspective stable, qu’elle vient de lui octroyer.

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Il s’agit d’une belle performance pour le leader burkinabè du crédit-bail, qui se soumettait pour la première fois à l’épreuve de la notation. À titre de comparaison, son concurrent ivoirien Alios a, lui, décroché la note BBB + avec une perspective stable dans sa dernière notation comptant pour la période de septembre 2020 à août 2021.

Fidelis et Alios sont les deux seuls spécialistes du crédit-bail à se soumettre à une évaluation en Afrique de l’Ouest alors que des banques ont aussi investi le créneau du crédit-bail en créant des directions dédiées comme au sein de l’ex-Banque pour le commerce, l’industrie et l’agriculture du Burkina Faso (Biciab) devenue Vista Bank Burkina et de Bank of Africa Burkina Faso.

Expérience et connaissance du marché

« Les indicateurs de performance de Fidelis Finance BF ont connu une progression continue entre 2016 et 2020, portés par l’amélioration de la nouvelle production et une bonne maîtrise du coût du risque, en dépit du contexte d’activités marqué par une crise sanitaire en 2020 et une situation socio-politique et sécuritaire fragile », a détaillé pour Jeune Afrique Soraya Diallo, vice-présidente de Bloomfield chargée des opérations.

Les facteurs de liquidité sont excellents et soutenus par de bons facteurs de protection

Fidelis, dont le total bilan est passé de 24,8 milliards de F CFA (38 millions d’euros) en 2016 à 71,7 milliards de F CFA en 2020, représente 30 % de part de marché dans son pays d’origine et 6 % en Côte d’Ivoire, où il est implanté depuis 2015.

« Ce positionnement s’appuie sur l’expérience acquise et une bonne connaissance de son marché cible », a ajouté Soraya Diallo, qui table sur le maintien des performances cette année « à travers une amélioration de la marge d’intérêt générée par l’activité, en tirant profit du potentiel existant en Côte d’Ivoire ».

Une ombre au tableau

« Les facteurs de liquidité sont excellents et soutenus par de bons facteurs de protection comme la certitude de remboursement à temps opportun », a précisé l’agence de notation basée à Abidjan et dirigée par Stanislas Zézé, en relevant aussi « une bonne flexibilité financière, qui permet la mobilisation de ressources pour le financement de l’activité ».

Nous allons capitaliser sur cette notation pour mobiliser davantage de ressources

Seule ombre au tableau, l’établissement fait face à la concurrence accrue des banques commerciales sur le segment du leasing. Fidelis Finance, comme Alios, applique des coûts de ressources plus élevés, répercutés sur le taux du leasing, contrairement aux banques qui bénéficient de l’effet collecte des dépôts auprès des clients.

« Nous allons capitaliser sur cette notation pour mobiliser davantage de ressources nécessaires au développement de nos activités, principalement de leasing et d’affacturage au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire », a commenté Kouafilann Abdoulaye Sory, administrateur et directeur général de Fidelis Finance.

Actionnaires institutionnels

La société, qui mobilise jusqu’à 90 % des ressources nécessaires au développement de ses activités auprès d’investisseurs en dettes extérieures, explique que sa soumission à une notation financière « découle de la volonté de se conformer aux exigences de transparence requises par le marché des capitaux ».

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Fondée en 1996 et dotée d’un capital social estimé à 6 milliards de F CFA, Fidelis est détenue à hauteur de 22 % par le fonds AfriCapital Partners. La Banque ouest-africaine de développement (BOAD), la Banque de développement et d’investissement de la Cedeao (BIDC), le Fonds burkinabè de développement économique et social (FBDES) et le Fonds de solidarité africain (FSA) détiennent chacun une participation de 15 %, tandis que le reste du capital est aux mains d’actionnaires minoritaires (ivoiriens et maliens).

Depuis sa création, Fidelis Finance estime avoir mobilisé plus de 100 milliards de F CFA au profit de 2 350 projets d’investissement, principalement au Burkina. L’établissement propose des solutions de financement aux PME des secteurs du BTP, de l’agroalimentaire, des transports, de l’hôtellerie et de la santé.