Politique

Le Mali ouvre des négociations avec les jihadistes, mais à quel prix ?

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Mis à jour le 21 octobre 2021 à 17:59

Des soldats maliens lors d’une patrouille avec des soldats de la nouvelle force Takuba près de la frontière nigérienne dans le cercle de Dansongo, au Mali, le 23 août 2021. © Paul Lorgerie/REUTERS

Alors que les troupes de Barkhane quittent le pays, le régime de transition a décidé de rouvrir la voie des négociations avec Iyad ag Ghaly et Amadou Koufa, franchissant une ligne rouge pour Paris.

Après de longues hésitations, l’ouverture de négociations entre les autorités maliennes et les chefs des groupes jihadistes actifs dans le pays est désormais officiellement assumée. Mahamadou Koné, le ministre malien des Affaires religieuses, du Culte et des Coutumes, a mandaté le Haut Conseil islamique du Mali (HCI), présidé par Chérif Ousmane Madani Haïdara, d’amorcer le dialogue avec le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) d’Iyad ag Ghaly. Cette nébuleuse est également composée des éléments de la katiba Macina d’Amadou Koufa, de ceux d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), d’Ansar dine et d’al-Mourabitoune. Une décision prise à l’issue d’une rencontre, le 12 octobre, mais passée inaperçue pendant plusieurs jours.

C’est la première fois que cette tâche est confiée à ce conseil islamique, une structure que le ministre considère comme la mieux placée pour « identifier des personnes rompues aux techniques de négociation »,  c’est-à-dire « des vrais connaisseurs du pays, imprégnés des enjeux internes et externes … et assez pédagogues ». Ce choix intervient quelques mois après que le HCI a réussi une mission de bons offices et de réconciliation dans le centre du pays. En mars, le Haut Conseil avait trouvé un accord de cessez-le feu d’une durée d’un mois entre les jihadistes de la région, affiliés à la katiba Macina, et les chasseurs traditionnels dozos. Une trêve majeure dans cette zone qui fut durant plusieurs mois le théâtre d’attaques sanglantes et meurtrières.

Dicko marginalisé ?