Politique

[Série] Tunisie : que sont devenues les figures du clan Trabelsi ?

Par - à Tunis
Mis à jour le 21 octobre 2021 à 15:04

Belhassen Trabelsi (à g.) Leïla Ben Ali et Imed Trabelsi. © Montage JA; AFP

Et une peine de plus pour un membre du clan Trabelsi. Le 14 octobre, Imed Trabelsi, neveu de l’épouse du dictateur déchu, a été condamné à huit ans de prison pour avoir obtenu illégalement un bénéfice. Retour sur la trajectoire des membres les plus emblématiques de la belle famille de Zine el Abidine Ben Ali, depuis la chute de ce dernier il y a plus de dix ans.

Si leur règne est bel et bien terminé, les Trabelsi auront, à leur manière, bouleversé le rapport à la politique et à l’argent en Tunisie, au point que, loin de mettre un terme à la corruption, la révolution de 2011 l’aurait plutôt démocratisée.

Sans doute, s’ils ne la connaissaient pas déjà, les membres du clan ont-ils pu méditer en dix ans l’expression « il n’y a pas loin du Capitole à la Roche tarpéïenne ». Eux qui exerçaient un monopole de fait sur toute une partie de l’économie tunisienne, se voient aujourd’hui traqués, réduits à une vie d’exil, quand ils ne sont pas multicondamnés.

Monopoly grandeur nature

Les dix enfants de Mohamed Trabelsi, vendeur de fruits secs de son état, et de Hajja Nana, femme à tout faire dans un hammam, ont ainsi eu une destinée que rien ne laissait présager.

Encore aujourd’hui, être taxé de « Trabelsi » signifie user de pratiques peu orthodoxes et de passe-droits pour réussir en affaires. Le clan, qui a mis la main sur des pans entiers de l’économie et capte 21 % des bénéfices du secteur privé en 2010 selon la Banque mondiale (BM), doit sa réussite en affaires à Leïla, la sœur devenue première dame par son mariage avec le président Ben Ali en 1992.

À la chute du régime en 2011, chacun d’eux a connu une destinée différente et parfois rocambolesque

À travers le pays, les vestiges de leur omnipotence se rencontrent partout : ici une villa privée construite en partie sur un site archéologique, là l’enseigne d’un grand magasin de bricolage victime de la prédation de la famille, plus loin une cimenterie ou une carrière de marbre… Le pays semble avoir été pour le clan un Monopoly grandeur nature.

En moins de vingt ans, Leïla Ben Ali a fait profiter ses proches de son influence toujours grandissante avec un soutien particulier à ses préférés : son jeune frère Belhassen et Imed son neveu. À la chute du régime en 2011, chacun d’eux a connu une destinée différente et parfois rocambolesque.

Exil en Arabie saoudite, vie de fugitif, tentative de réhabilitation : de quoi est faite l’existence des trois membres les plus emblématiques du clan ? Retour sur le parcours de ceux qui étaient comparés à des rapaces, à la fois craints et admirés.