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Nigeria : l’armée annonce la mort d’al-Barnawi, le chef du groupe ISWAP

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Mis à jour le 15 octobre 2021 à 10:33

Une patrouille de l’armée nigériane à Bama, dans l’État de Borno, au Nigeria, en août 2016. © REUTERS/Afolabi Sotunde

L’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), né d’une scission avec Boko Haram, n’a pas confirmé son décès. L’information, si elle venait à être confirmée, n’aurait pas forcément d’impact sur la capacité de nuisance du groupe jihadiste.

C’est un haut responsable de l’armée nigériane qui a annoncé, jeudi 14 octobre, la mort d’Abou Musab al-Barnawi, le chef du groupe jihadiste ISWAP, affilié à l’État islamique (EI). « Je peux affirmer avec certitude qu’al-Barnawi est mort », a déclaré le chef d’état-major, le général Lucky Irabor, sans préciser les circonstances du décès.

L’ISWAP n’a pas confirmé cette information et son chef a déjà été donné pour mort par les autorités nigérianes par le passé. Reconnu par l’État islamique, l’ISWAP est né en 2016 d’une scission avec Boko Haram, auquel il reprochait notamment des meurtres de civils musulmans. Après être monté en puissance, l’ISWAP est devenu le groupe jihadiste dominant dans le nord-est du Nigeria, multipliant les attaques d’ampleur contre l’armée nigériane.

Abou Musab al-Barnawi était le fils du fondateur de Boko Haram, Mohammed Yusuf, tué en 2009 à Maiduguri, dans le nord-est du Nigeria. Ces derniers mois, il était parvenu à consolider l’influence d’ISWAP dans cette région, profitant de la mort, en mai dernier, du chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, tué dans des affrontements entre les deux groupes rivaux. Selon des sources sécuritaires, al-Barnawi était aussi parvenu à renforcer l’ISWAP dans la région du lac Tchad.

Roquettes

« Si Al-Barnawi est mort, [cela] n’aura peut-être pas trop d’impact sur l’ISWAP en raison de la structure du groupe », analyse toutefois Malik Samuel, chercheur à l’Institute for Security Studies (ISS). Depuis la scission avec Boko Haram, le groupe jihadiste a en effet connu environ cinq changements de direction, mais cela ne l’a pas empêché de poursuivre ses attaques meurtrières contre les forces de sécurité.

En septembre dernier, des combattants de l’ISWAP ont tué 16 soldats dans une embuscade dans l’État de Borno (nord-est), l’une des attaques les plus meurtrières perpétrées cette année contre les forces armées nigérianes, qui peinent à vaincre une insurrection islamiste ayant fait plus de 40 000 morts en 12 ans.

Une semaine plus tard, huit autres militaires ont été tués par des membres du groupe jihadiste qui ont ouvert le feu avec des roquettes sur un autre convoi, toujours dans l’État de Borno.

Depuis la mort d’Abubakar Shekau dans la forêt de Sambisa, l’ISWAP combat les membres de Boko Haram qui ont refusé de lui prêter allégeance. Plusieurs centaines de membres de Boko Haram ont préféré se rendre à l’armée nigériane, avec leurs familles, y compris leurs enfants.

Depuis le début de l’insurrection de Boko Haram en 2009, les violences ont contraint près de deux millions de personnes à fuir leur domicile.

Avec AFP