Politique

Maroc : d’où viennent les nouvelles figures du gouvernement Akhannouch ?

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Mis à jour le 15 octobre 2021 à 13:55

Le nouveau gouvernement marocain, reçu au Palais royal de Fès par le roi Mohammed VI, le 7 octobre 2021. © AFP

Dans le gouvernement dévoilé le 7 octobre, les Marocains ont découvert de nouveaux ministres. Nouveaux mais pas novices.

C’est une des caractéristiques des gouvernements dits technocratiques : ils font émerger de nouveaux personnages dans le paysage politique. Des ministres, qui, avant d’occuper le devant de la scène, ont fait la preuve de leur compétence dans l’ombre des bureaux gouvernementaux ou dans le secteur privé. La coalition dirigée par Aziz Akhannouch ne déroge pas à la règle, avec une dizaine de visages méconnus du grand public. Qui sont-ils ? De quelle carrière peuvent-ils se prévaloir ? Jeune Afrique fait le point.

Fatim-Zahra Ammor, ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire

La nouvelle ministre a travaillé pendant plus de dix ans dans le groupe Akwa appartenant au nouveau chef du gouvernement et président du Rassemblement national des indépendants (RNI), Aziz Akhannouch, qui a fait d’elle l’un des membres de sa garde rapprochée.

Elle a également participé à l’élaboration de plusieurs grands événements internationaux, comme le festival de musique Timitar d’Agadir. Fatim-Zahra Ammor était notamment la commissaire générale du Pavillon du Maroc à l’Expo universelle de Milan en 2015, lequel a connu un franc succès. Elle prend la succession de Nadia Fettah Alaoui et est déjà attendue au tournant pour relancer un secteur touristique sinistré par la crise sanitaire.

Mustapha Baïtas, ministre délégué auprès du chef du gouvernement, chargé des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement 

Ancien député (2016-2021), Mustapha Baïtas, 40 ans, a assuré la communication du RNI pendant la dernière campagne électorale. Détenteur d’une licence en droit de l’ENA de Rabat, il a également été conseiller auprès du ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime. Très engagé, il a assuré la fonction de directeur du quartier général du parti. Il est considéré comme le bras droit de Aziz Akhannouch.

Leila Benali, ministre de la Transition énergétique et du développement durable

Membre de la Commission spéciale sur le modèle de développement, Leila Benali a également présidé l’Arab Energy club. Jusqu’ici directrice de la stratégie chez Arab Petroleum Investments Corporation, elle est par ailleurs lauréate de l’École d’ingénieurs de Mohammedia et de l’École centrale de Paris, et a publié de nombreux articles et ouvrages sur l’énergie, les réformes et la richesse durable.

Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce

Tout porte à croire que Moulay Hafid Elalamy aurait recommandé son ancien directeur de cabinet pour prendre sa succession au ministère. Sous un visage neuf, il incarne donc la continuité de la ligne directrice impulsée par son prédécesseur.

Mezzour débute sa carrière professionnelle en 1996 au sein du groupe suisse ABB. Il intègre ensuite le cabinet Deloitte en tant que consultant en charge des services financiers. Il rentre au Maroc en 2003 pour occuper le poste de directeur général du Budget.

Avant de rejoindre le ministère de l’Industrie et du Commerce, il a effectué un passage chez Suzuki, dont il a pris la direction générale au Maroc. Né à Rabat en 1971 et diplômé de l’École polytechnique de Zurich, Mezzour est membre fondateur de l’Alliance des économistes de l’Istiqlal.

Abdellatif Miraoui, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation

Salué pour son excellent travail à l’université de Marrakech, il aura pour tâche de mener à bien le chantier de l’éducation, prioritaire dans le nouveau modèle de développement voulu par le roi Mohammed VI. De 2001 à 2009 il occupe le poste de directeur de la filière d’ingénieurs en génie électrique de l’université de technologie de Belfort-Montbéliard. Il a aussi été vice-président du conseil scientifique de cet établissement jusqu’en 2011.

La même année, il est nommé président de l’université Cadi Ayyad de Marrakech, jusqu’en 2019, avant de devenir membre de la Commission spéciale sur le modèle de développement. Né en 1962, Abdellatif Miraoui a effectué ses études en France à l’université de Franche-Comté.

Mohamed Abdeljalil, nouveau ministre du Transport et de la Logistique

Respecté par ses pairs pour sa gestion du groupe Marsa Maroc (premier opérateur portuaire du royaume), Abdeljalil n’avait jusqu’ici aucun passé en politique. Mohamed Abdeljalil a fait ses études en France, où il est diplômé d’ingénierie mention génie civile de l’école nationale des ponts et chaussées, en 1991, avant de débuter sa carrière professionnelle dans un cabinet d’audit au début des années 1990 à Paris.

Younes Sekkouri, ministre de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences

Ancien parlementaire (2011-2016), il a également été chargé de mission au ministère de l’Intérieur, et membre de la Commission des Finances à la première Chambre. Affilié au Parti authenticité et modernité (PAM), il possède un doctorat de l’ISCAE de Nice, et un MBA de l’École nationale des ponts et chaussées, en région parisienne.

Ghita Mezzour, ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme administrative.

Bardée de diplômes, elle a fondé sa start-up « Data in Seconds », avant d’entrer au gouvernement sous les couleurs du PAM. Mezzour est professeur associée à la faculté d’informatique et logistique de l’université internationale de Rabat et titulaire d’un doctorat de Carnegie Mellon University des départements « Génie Electrique et Informatique » et « Societal Computing ». Elle dispose d’un Master et d’un Bachelor en Systèmes de Communication de l’École polytechnique fédérale de Lausanne.