Politique

Mali : Choguel Maïga va-t-il se brûler les ailes ?

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Par - envoyée spéciale à Bamako
Mis à jour le 27 octobre 2021 à 11:06

Choguel Kokalla Maïga, Premier ministre malien, dans sa résidence officielle, à Bamako, en octobre 2021 © Nicolas Remene pour JA

Qu’il s’agisse de la France, de la Russie ou de la date des élections, le Premier ministre malien n’hésite pas à mettre les pieds dans le plat. Reste à savoir si cet ambitieux parviendra à durer.

Depuis longtemps déjà, Choguel Kokalla Maïga a arrêté de compter le nombre de ses détracteurs. En trente ans de vie politique, cet homme de 63 ans s’en est fait, des adversaires. Le Premier ministre malien n’a jamais été consensuel, et il semble aimer ça. Ce vieux routier de la politique a fait du clivage l’une de ses marques de fabrique. Et tant pis pour ceux qui imaginaient que son arrivée aux responsabilités le rendrait moins offensif.

En cinq mois à la tête du gouvernement de transition, il n’a rien abandonné de sa verve et s’est distingué par des déclarations assez peu politiquement correctes. Les critiques semblent glisser sur ce fin tacticien à la silhouette fine. Ne tient-il pas là sa revanche ? Lui qui n’avait recueilli que 2,16% des voix à la présidentielle de 2018 a su en peu de temps devenir un homme incontournable.

Soif de vengeance

Pour Choguel Maïga, le moment crucial s’est joué dans la nuit du 24 au 25 mai dernier. Quelques heures plus tôt, les militaires ont arrêté le président de la transition, Bah N’Daw, et son Premier ministre, Moctar Ouane, qui ont osé leur tenir tête. C’est le second coup d’État en neuf mois. À Bamako, les heures sont confuses et les dés politiques sont relancés quand les cadres du Mouvement du 5 juin – Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) prennent la route de Kati, convoqués par Assimi Goïta, le président de la transition.