Politique

À l’aéroport d’Abidjan, la cellule anti-trafic en quête de moyens

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Par - à Abidjan
Mis à jour le 19 octobre 2021 à 16:33

Des policiers de la Cellule aéroportuaire anti-trafic (CAAT) arrivent a leur siège avec un suspect interpellé a son arrivée à l’aéroport Felix Houphouet Boigny d’Abidjan, le 8 octobre 2021. © OLIVIER POUR JA

Après bientôt dix ans d’existence, la Cellule aéroportuaire anti-trafic (CAAT) est aujourd’hui une structure dépourvue de moyens, sans locaux ni ressources techniques. Un décret pris cet été par le gouvernement, en portant officiellement création, vise à lui donner un nouveau souffle.

Short en jean, veste trop large aux motifs blancs et roses, paire de baskets aux pieds, rien ne distingue vraiment d’un autre le jeune homme noyé au milieu de dizaines de passagers à sa descente d’avion en provenance de Lagos. Mais voilà, contrairement aux autres, pressés de récupérer leurs valises et de quitter l’aéroport Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan en cette fin de matinée, il s’attarde très longuement en salle des e-visas, dont il n’a pas besoin puisqu’il est détenteur d’un passeport nigérian, à la photo si floue qu’on le reconnaît à peine. Une attitude suspecte qui attire l’attention de deux agents de la Cellule aéroportuaire anti-trafic (CAAT).

Le jeune homme doit être soumis à une fouille dans l’unique salle dont dispose la CAAT à l’aéroport, à une centaine de mètres des « arrivées ». Elle se trouve au second étage d’un bâtiment à l’intérieur délabré. La salle étroite, encombrée et sans fenêtre, qui fait aussi office de salle de réunion, n’est pas vraiment adaptée à ce type de contrôle. La fouille ne révèle rien. En revanche, un test urinaire s’avère positif à la cocaïne. Simple consommateur ou « mule » transportant de la drogue ingérée par boulettes ? Direction le centre hospitalier universitaire (CHU) de Cocody pour un scanner. À ce stade, l’affaire n’est plus entre les mains de la CAAT, mais entre celles de l’Unité de lutte contre la criminalité transnationale organisée (UCT).

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