Politique

Algérie : le FLN miné par son passé et les clashs internes

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Par - à Alger
Mis à jour le 12 octobre 2021 à 18:46

Le secrétaire général du FLN, Abou El Fadhl Baadji, lors d’une conférence de presse au siège du parti, le 16 juin 2021. © Ammi Louiza/ABACA

Est-ce le début de la fin de l’ex-tout-puissant parti unique ? C’est la question que se posent la majorité des militants du FLN. Fait inédit : le désaccord entre la direction et ses adversaires sera tranché devant les tribunaux.

« Pour la première fois depuis la création du parti en 1954, un cadre est placé en détention à cause d’une crise interne », regrette un sénateur qui a pris depuis ses distances avec le FLN. « Le recours à la justice n’est pas la solution. Il fallait régler le problème en interne », tance de son côté un député, peiné de voir la grille du siège cadenassée.

« À cet endroit se sont déroulés les pires moments de la vie de cette formation politique », poursuit le parlementaire en se remémorant les coups échangés entre les adeptes du statu quo et les « redresseurs », que l’on retrouve parmi les membres du Comité central, les députés et les présidents d’Assemblées populaires communales (APC).

Le 9 septembre, les frondeurs ont tenté de destituer le secrétaire général du parti, Abou El Fadl Baadji, mais ils se sont heurtés à une farouche résistance du clan opposé. La situation a dégénéré au point de nécessiter l’intervention des forces de l’ordre.

Baadji est accusé d’« usurpation d’identité et de fermeture du siège du FLN en faisant appel aux baltaguias [hommes de main, NDLR] »

La plainte déposée par Abou El Fadl Baadji au tribunal de Bir Mourad Rais a abouti, le 6 octobre, au placement en détention préventive du chef de file des frondeurs, l’ancien parlementaire et mouhafedh (coordinateur régional) de Blida, Issad Mohamed. Soixante-dix membres du Comité central – parmi lesquels le sénateur Fouad Sebouta – ont été convoqués par la justice le même jour.