Économie

BGFIBank : conquête éclair, mode d’emploi

La Centrafrique mais aussi bientôt le Tchad, l’Angola et le Rwanda ? Pour Henri-Claude Oyima, à la tête du premier groupe bancaire de la sous-région, BGFIBank devrait d’ici à 2025 être implanté partout en Afrique centrale.

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Mis à jour le 14 octobre 2021 à 09:51

BGFI Holding Corporation, de Henri-Claude Oyima, veut être à moyen terme implanté partout en Afrique centrale. © Eric Larrayadieu/ Africa CEO Forum/ Jeune Afrique

Pressenti dès la fin du mois d’août et officialisée un mois plus tard, l’arrivée de la Commercial Bank Centrafrique (CBCA) dans le giron du groupe BGFI fait figure de cas d’école pour les opérations à venir. Faisant référence au nouveau et dernier plan stratégique de BGFIBank, son PDG Henri-Claude Oyima décrypte en effet : « L’un des éléments majeurs du plan Dynamique 2025 est que nous devons entrer de manière forte sur nos différents secteurs et nos différents marchés ».

Dont acte, avec l’acquisition auprès de l’État centrafricain de la majorité de ses parts dans l’ancienne filiale du groupe bancaire d’Yves-Michel Fotso et la création consécutive de BGFIBank Centrafrique.

CBCA, douzième filiale de BGFI, sera bientôt « la première banque de Centrafrique »

Mais le banquier gabonais voit plus loin et étend les ambitions du leader bancaire de la sous-région avec 6,6 milliards de dollars en total de bilan en 2020, selon le dernier classement Jeune Afrique à tous les pays de la CEEAC (Communauté économique des États d’Afrique centrale).

« Toute l’Afrique centrale figure dans notre plan stratégique. Le Tchad, l’Angola, le Rwanda, sont des pays pleinement inscrits dans notre stratégie directe », précise-t-il à JA. Alors que ces trois pays sont les derniers de la zone dans lesquels BGFIBank n’est pas implanté.

Intégration rapide

Si l’on ne connaît pas pour l’heure les cibles potentielles du holding bancaire gabonais, le modus operandi, lui, ne devrait pas différer de sa récente acquisition. CBCA était en effet une « banque orpheline », n’appartenant à aucun réseau et contrôlée par l’État, avec près de 90 % du capital. Et la méthode de BGFI, qui entend déjà faire de cette douzième filiale « la première banque du pays », est de l’harmoniser avec ses us et ses coutumes.

« La banque fonctionnera selon notre stratégie, nos politiques, nos méthodes, nos valeurs, notre organisation et notre ambition », souligne ainsi Henri-Claude Oyima. Mettant l’accent sur le fait que l’intégration de la dernière-née de ses filiales dont est conservé le management, renforcé par trois nouveaux administrateurs « made in BGFI » est en cours.

En effet, le groupe bancaire de Libreville déroule un process accéléré pour mettre la banque centrafricaine à niveau par rapport à ses autres filiales. Conformité, systèmes d’information et commercial, ressources humaines, sont les quatre chantiers prioritaires du groupe lorsqu’il met la main sur une nouvelle recrue.

Synergies, contrôle et reportings

À l’issue de cette procédure, BGFIBank Centrafrique va bénéficier de « la synergie des autres filiales de la sous-région », confirme le dirigeant du groupe aux plus de 3 300 employés. En contrepartie, et au quotidien, la nouvelle filiale verra le nombre de ses comités augmenter, tout comme la régularité de ses réunions exécutives ou encore la mise en place de reportings mensuels à la maison mère…

Pour rappel, en 2020, la contribution des filiales de BGFI, hors Gabon, représentait 62 % du PNB de 368 millions de dollars, dont 37 % pour la zone CEEAC (Congo, Cameroun, Guinée équatoriale, RDC, São Tomé-et-Príncipe). Un résultat en ligne avec la stratégie de « dégabonisation » du groupe, entamée lors du précédent plan quadriennal du groupe et qui vise à établir la performance du groupe BGFIBank à 60 % minimum par le réseau international et 40 % maximum par la zone Gabon.