Économie

Côte d’Ivoire : Félix Miézan Anoblé en mission parisienne pour la future banque publique d’investissement

Inspiré par Bpifrance, Alassane Ouattara veut reproduire le modèle en Côte d’Ivoire. Le ministre de la Promotion des PME a été chargé du projet.  

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Mis à jour le 14 octobre 2021 à 10:06

Félix Miézan Anoblé est ministre de la Promotion des PME, de l’Artisanat et de la Transformation du Secteur informel dans le gouvernement Patrick Achi. © Facebook Anoble Miézan Félix

Nommé pour la première fois au gouvernement en 2018, le député-maire de San-Pédro, Félix Miézan Anoblé, reste un nouveau-venu dans le cénacle qui dirige la Côte d’Ivoire. Mais ce proche du ministre d’État Téné Birahima Ouattara est venu faire avancer un dossier de poids à Paris, en amont du Sommet Afrique-France de Montpellier, organisé le 8 octobre.

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Entre ses interventions à l’événement Ambition Africa qui réunissait plus de 1 000 décideurs économiques à Bercy et BIG – le show de la Banque publique d’investissement française (Bpifrance) –, le ministre de la Promotion des PME, de l’Artisanat et de la Transformation du secteur informel a eu, le 6 octobre, une séance de travail avec Pedro Novo, directeur export de cette dernière pour préparer la création d’une BPI ivoirienne.

Un rapport confidentiel

L’établissement français, créé à la fin de 2012 et géré à l’origine par différentes tutelles, a réuni plusieurs guichets de financement destinés aux entreprises. Ce modèle, salué pour avoir dynamisé l’action de l’État en matière de soutien aux PME, intéresse Abidjan. Actuellement, les fonds ivoiriens destinés à ces entreprises sont logés dans au moins trois ministères différents : PME, Économie et Jeunesse.

L’idée avait été discutée une première fois au début de mai, lorsque Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, s’était joint à la délégation du Français Franck Riester, ministre délégué au Commerce extérieur et à l’Attractivité, à l’occasion de la visite de ce dernier en Côte d’Ivoire. La banque française, représentée à Abidjan par Arnaud Floris, a ensuite remis, à la fin de septembre, un rapport à ce sujet au Premier ministre, Patrick Achi, dont le contenu demeure confidentiel.

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Le calendrier et les modalités de la mise en œuvre de ce projet ne sont pas encore totalement arrêtés. Cette approche centralisée aura également pour intérêt de faciliter la mise en place d’une meilleure gouvernance en matière de finance publique. La question avait été abordée en avril, à Abidjan, lors de l’entretien en tête à tête entre le président Alassane Ouattara et le ministre de l’Économie français Bruno Lemaire.

Feu vert du Premier ministre

Les autorités ivoiriennes ont déjà fait savoir à leur partenaire qu’elles privilégieront un profil avec une expérience internationale pour piloter cette BPI ivoirienne, qui devrait être placée sous la tutelle du ministère des PME.

Avant même la création de cette banque publique, Bpifrance a proposé d’apporter son appui sous la forme de garanties aux sociétés françaises et ivoiriennes, membres du consortium chargé de mettre en œuvre la plateforme de développement des PME et de l’artisanat. Le Premier ministre Patrick Achi doit encore donner son feu vert.

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Elle a également signé pendant son événement BIG, en présence de Félix Miézan Anoblé et de Mamadou Touré, ministre ivoirien de la Promotion de la jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique, une convention de partenariat avec Ci20, une plateforme d’entreprises ivoiriennes, afin de contribuer à renforcer les liens entre les acteurs français et ivoiriens de la Tech.