Politique

Togo – Rencontre avec Gerry Taama : « Mon objectif, c’est 2030 »

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Mis à jour le 13 octobre 2021 à 13:42

Gerry Taama, opposant Togolais, à Paris, en octobre 2021. © © Bruno Levy pour JA

Faure Gnassingbé, Agbéyomé Kodjo, Jean-Pierre Fabre… Plusieurs fois candidat à la présidentielle et bien décidé à ne pas en rester là, Gerry Tamaa ne ménage ni le chef de l’État ni ses rivaux. Entretien autour d’un café serré avec un opposant sans langue de bois.

Togolais, opposant et pondéré. Il faut avoir discuté avec Gerry Taama pour réaliser qu’il est possible d’être tout cela à la fois. De passage en France, le 4 octobre dernier, il est arrivé en costume bleu, pass sanitaire en poche, et s’est attablé sur une terrasse éphémère de la rue d’Auteuil sous les rafales du vent d’automne parisien. À 45 ans, cet ancien officier des forces armées togolaises passé par Saint-Cyr, qui s’est mis en disponibilité en 2008 pour entrer en politique et créer des entreprises, cultive l’image du politicien indépendant. Il ne se laisse pas porter par les courants traditionnels de l’opposition togolaise, qui dérivent parfois vers les extrêmes.

« C’est le problème des centristes, sourit-il. Nous refusons de frayer avec les extrêmes. Je me suis fait agresser à Bruxelles par des gens qui me reprochaient de soutenir que le seul moyen admissible pour arriver au pouvoir est de passer par les élections. » Beaucoup en ont déduit un peu vite que Taama et son parti, le Nouvel engagement togolais (NET), lancé durant le 1er trimestre 2012, étaient des satellites du pouvoir. Idée renforcée par le fait qu’en 2020, il s’est retiré au dernier moment de la course à la magistrature suprême.

« Agbéyomé n’a pas gagné »

« Mon parti est encore jeune et financièrement fragile. Il ne pouvait pas se permettre d’aller à deux élections [les locales et la présidentielle, organisées la même année] dans une période aussi courte. Je suis pragmatique. » Ses détracteurs, eux, le critiquent vivement. D’autant qu’en 2018 déjà, il a fait le choix de présenter des candidats à la députation alors qu’une partie de l’opposition boycottait les législatives.