Société

Affaire Sankara : « Ce n’est pas un procès, c’est un lynchage du président Compaoré »

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Mis à jour le 10 octobre 2021 à 19:35

Blaise Compaoré, le 18 septembre 2012, à Paris. © Francois Mori/AP/SIPA

Le procès de l’assassinat de Thomas Sankara s’ouvre lundi 11 octobre à Ouagadougou, mais le principal suspect, Blaise Compaoré, n’y assistera pas. L’avocat de l’ancien président burkinabè, Pierre-Olivier Sur, explique les raisons de cette absence.

Pour suivre en direct l’ouverture du procès de l’assassinat de Thomas Sankara, rendez-vous ce lundi 11 octobre sur Jeune Afrique à partir de 8h GMT.

Ses avocats ont pris soin de l’annoncer par communiqué à quatre jours de l’ouverture des audiences, mais ce n’était un secret pour personne : Blaise Compaoré ne comparaîtra pas au procès de l’assassinat de Thomas Sankara, qui s’ouvrira lundi 11 octobre, devant le tribunal militaire de Ouagadougou.

Il en sera pourtant le principal accusé. Inculpé d’attentat à la sûreté de l’État, de complicité d’assassinat et de recel de cadavre, l’ancien président burkinabè, exilé en Côte d’Ivoire depuis sa chute, en 2014, sera donc jugé par contumace. Alors qu’il est soupçonné d’avoir commandité l’assassinat de Sankara, en 1987, la justice burkinabè va enfin statuer sur son rôle dans cette affaire qui n’a cessé de le poursuivre durant ses vingt-sept années au pouvoir. Pierre-Olivier Sur, son avocat français, explique à Jeune Afrique pourquoi l’ancien président ne répondra pas à la convocation des juges.

Jeune Afrique : Pourquoi Blaise Compaoré refuse-t-il d’assister au procès de l’assassinat de Thomas Sankara ?  

Pierre-Olivier Sur : Pour plusieurs raisons. La première est qu’il bénéficie, en tant qu’ancien chef de l’État, d’une immunité du fait de l’article 168.1 de la Constitution, qui a été introduit par une loi de 2012 signée par le président Kaboré, qui était à l’époque président de l’Assemblée nationale. La deuxième raison, c’est que la juridiction qui veut le juger est une juridiction d’exception. C’est donc un procès politique, et j’ai la plus grande suspicion face aux juridictions politiques.

Troisième raison : j’ai assisté le président Blaise Compaoré dans l’affaire de la répression de l’insurrection populaire de 2014 [en 2017, trente-et-un ministres et Blaise Compaoré ont été jugés dans cette affaire, ndlr]. Cela s’est mal passé et la procédure a été annulée par la Cour de cassation. Cela prouve donc que le Burkina Faso n’est pas à même de juger son ancien président Blaise Compaoré.  

Qu’est-ce qui vous permet de dire qu’il s’agit d’un procès politique avant même qu’il ne soit ouvert ?