Économie

Miracle high-tech

Quand la technologie annule le handicap

Par - René Guyonnet
Mis à jour le 3 novembre 2016 à 11:09

La biomécanique peut faire des miracles : permettre, par exemple, au Sud-Africain Oscar Pistorius, amputé des deux jambes au-dessous des genoux à l’âge de 11 mois, de revendiquer aujourd’hui le droit de participer aux jeux Olympiques de Pékin, en 2008. Atteint d’une maladie congénitale, il n’avait plus de péroné et seulement deux orteils à chaque pied. À 20 ans et grâce aux prothèses dont il dispose – des lames en fibre de carbone fixées à ses moignons -, il court aujourd’hui le 400 m en 45′ 56 : le minimum olympique est de 46′ 3. La Fédération internationale d’athlétisme s’interroge : ces prothèses lui donnent-elles un avantage sur les sprinters « normaux », et ne doit-il participer qu’aux jeux Paralympiques, comme il le fit à Athènes en 2004 ?
La haute technologie offre aussi de belles promesses. L’hebdomadaire américain Business Week évoque quelques-unes des utilisations que propose Texas Instruments du microprocesseur – la puce qui lui a permis de miniaturiser les gros téléphones cellulaires des années 1990. Exemple : une Américaine du nom de Beth McDonald avait fait dans sa jeunesse une chute qui lui avait laissé dans la jambe gauche des douleurs insupportables. Dix-sept ans de fauteuil roulant et vingt-huit opérations n’avaient rien arrangé : il fallut l’amputer de sa jambe. Mais contrairement à Pistorius, elle ne fut pas soulagée. Jusqu’au jour où son médecin lui fit implanter dans le dos un petit appareil du nom d’Eon, une sorte de pacemaker de la moelle épinière : il émet des signaux électriques qui masquent la douleur. Du coup, Beth McDonald, 41 ans, marche désormais sans problème avec sa prothèse, et elle a pu escalader récemment les 219 marches du phare St Augustine en Floride.
Autre appareil inattendu, un pacemaker gastrique développé avec une start-up, InCube Labs, qui utilise, lui aussi, la stimulation électrique pour calmer les appétits excessifs, donc lutter contre l’obésité. On s’attache évidemment à régler l’utilisation de la pile de telle manière qu’on ne soit pas obligé de la changer trop souvent.
Avec des chercheurs de l’université de Californie du Sud et une start-up du nom de Second Sight (en français « seconde vue »), Texas Instruments a aussi mis au point un implant rétinien, baptisé Argus 16, qui permet à un aveugle non point de « voir » à proprement parler, mais de distinguer des formes, donc de se déplacer sans canne.
Autre voie de recherche : des appareils faciles à utiliser grâce auxquels on pourrait, de chez soi, mesurer sa tension artérielle ou s’offrir un électrocardiogramme. Plus de sécurité à moindres frais. Perspectives non négligeables pour une entreprise : le marché des semi-conducteurs médicaux progresse aujourd’hui à un rythme de 12 % par an, alors que globalement celui des puces est sur un rythme de 2,1 %.