Politique

Guinée-Bissau : qui va mener l’opposition face à Sissoco Embaló ?

Le PAIGC, principale formation d’opposition au chef de l’État, doit bientôt renouveler ses dirigeants. Et ils sont plusieurs à viser le fauteuil de président.  

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Mis à jour le 7 octobre 2021 à 14:59

Domingos Simoes Pereira, ancien Premier Ministre de Guinée-Bissau et président du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert. À Paris, le 30 octobre 2018 © Camille Millerand pour JA

Une période délicate s’ouvre pour le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC). Alors que l’ancien parti unique doit tenir son congrès l’année prochaine – initialement prévu en janvier 2022, il devrait être repoussé au plus tard au mois de mai en raison de la pandémie de Covid-19 –, Domingos Simões Pereira (DSP) briguera-t-il un troisième mandat ?

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Élu à la tête du parti en 2014 et reconduit en 2018, l’ancien Premier ministre se garde bien de répondre par la négative. « Il n’y a pas de limitation des mandats au sein du PAIGC, prévient d’emblée DSP. J’ai l’obligation de faire le bilan de mes deux mandats et de le soumettre aux militants et dirigeants du parti, qui évalueront si un troisième est opportun, ou s’il faut prendre une autre orientation. Si le parti me le demande, et si j’estime que j’ai encore une contribution valable à apporter, alors certainement, je serai disponible. » L’actuel président du PAIGC pourrait toutefois avoir de la concurrence.

Deux anciens Premiers ministres

S’il est respecté en interne, DSP est critiqué depuis la présidentielle de décembre 2019, qui a vu son rival Umaro Sissoco Embaló sortir victorieux du bras de fer que fut la longue contestation post-électorale. « Nous étions au pouvoir. Comme le dit une formule restée célèbre, on n’organise pas des élections pour les perdre », fulmine encore l’un des cadres du parti.

Parmi ses potentiels concurrents, Augusto Antonio Artur Da Silva, éphémère chef de gouvernement de janvier à avril 2018 sous José Mario Vaz et plusieurs fois ministre, mais aussi Octávio Lopes, juriste et ancien chef de cabinet de l’ex-président. Autre candidat dont le nom revient avec insistance : João Bernardo Vieira, actuel porte-parole du parti et neveu de l’ancien président Nino Vieira, dont il a hérité du patronyme. Selon son entourage, cet avocat quadragénaire envisage de se présenter avec l’objectif d’opérer un tournant dans la stratégie du parti.

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Aristides Gomes, 66 ans, ex-Premier ministre sous Nino Vieira puis sous José Mário Vaz, est aussi cité parmi les éventuels prétendants. Mais l’ancien chef du gouvernement assure depuis Paris qu’une candidature n’est pas au programme. Surtout, il juge qu’un troisième mandat de DSP « ne serait pas forcément une mauvaise chose ». « Il n’est certes pas président de la République, mais au regard du traitement qui a été donné au litige électoral, je ne pense pas que ça lui soit imputable », estime-t-il.

« Les voix discordantes ont toute la liberté de proposer une vision différente, promet quant à lui Domingos Simões Pereira. Ça ne me fait pas peur, au contraire. »