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Site d’extraction de pétrole, le long du fleuve Ogooué, au Gabon. © Daniel Riffet/Photononstop/AFP

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Afrique centrale : des progrès à pas comptés

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Angola : Nelson Carrinho, patron agro-industriel sans peur et sans reproche ?

Peu connu en dehors de son pays, le directeur du groupe familial Carrinho rêve de le faire passer du statut d’importateur à celui de producteur et transformateur de produits agricoles.

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Mis à jour le 1 décembre 2021 à 16:01

Nelson Carrinho dirige le groupe familial angolais éponyme, spécialiste de la transformation agricole.Jean-Marc Pau pour JA © Jean-Marc Pau pour Jeune Afrique

Un projet à 350 millions d’euros devant créer 1 000 emplois. C’est ce qu’a lancé en juillet le groupe familial Carrinho, dirigé depuis 2004 par Nelson Carrinho, l’un des fils de la fondatrice, Dona Leonor. Comprenant notamment une raffinerie de sucre et une huilerie, ce projet intègre un parc industriel inauguré en 2019. Il compte 17 unités de fabrication de produits agricoles et alimentaires (riz, blé, maïs, gâteau, pâte), de produits d’hygiène (savon) et d’emballages.

Un symbole pour l’Angola

Ce complexe, représentant un investissement de 600 millions d’euros, doit permettre au groupe originaire de Lobito, ville du sud du pays, de passer du statut d’importateur à celui de producteur et transformateur. Tout un symbole en Angola, pays au fort potentiel agricole (4e producteur mondial de café dans les années 1970), mais qui peine à diversifier une économie centrée sur l’exploitation de pétrole – qui assure près de 90 % des recettes d’exportation.

C’est pourquoi les initiatives de Nelson Carrinho, aux manettes avec son frère Rui, bénéficient du soutien de l’exécutif : après avoir assisté à l’inauguration du parc industriel en 2019, le président João Lourenço a donné son accord à l’octroi d’une garantie souveraine pour faciliter le financement (notamment via Deutsche Bank) du projet annoncé cette année. Des pratiques, ont fait remarquer certains, que l’on pensait révolues depuis le départ de l’ancien président José Eduardo dos Santos.

Créé en pleine guerre civile

Balayant les critiques, le groupe Carrinho, qui revendique 3 500 salariés mais ne communique pas de résultats financiers, explique avoir su traverser de multiples épreuves depuis sa création en 1993, en pleine guerre civile. Après des débuts comme restaurateur pour des sociétés, dont la compagnie pétrolière Sonangol et le brésilien Odebrecht, il est devenu fournisseur du ministère de l’Intérieur et de l’armée, tout en développant des activités d’importation et de transport de marchandises ainsi qu’une chaîne de supermarchés (Bem Barato, bon marché). Autant dire que le nouveau défi industriel ne lui fait pas peur.