Culture

Côte d’Ivoire – Issa Diabaté : « Nous devons revaloriser une approche architecturale locale »

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Par - à Abidjan
Mis à jour le 7 novembre 2021 à 10:18

La tour Postel 2001, gratte-ciel de 26 étages, et l’immeuble Caistab (104 m.). Bâtis tous deux dans les années 1980, ces buildings emblématiques de la ville ont longtemps abrité ministères et grandes administrations. © Nabil Zorcot

Moins imprégnée de l’héritage colonial que d’autres villes d’Afrique de l’Ouest, Abidjan abrite quelques monuments ayant su marier les exigences de la modernisation avec les contraintes locales, notamment climatiques. Mais pour l’architecte Issa Diabaté, il manque aujourd’hui un projet clair, mêlant urbanisme et politique de développement.

Issa Diabaté, associé du cabinet d’architecture Koffi & Diabaté Group, est un amoureux de la ville d’Abidjan. Il partage sa passion lors de visites guidées dans des communes de la capitale économique ivoirienne. Dans ses locaux à Cocody, qui allient modernité et économie d’énergie à travers des ouvertures laissant entrer la lumière naturelle dans les pièces, il a accordé une interview à Jeune Afrique. L’occasion pour lui d’évoquer la conservation du patrimoine et la nécessité de revenir à des techniques anciennes plus durables.

Jeune Afrique : Que reste-t-il de l’héritage architectural colonial dans la ville d’Abidjan ?

Issa Diabaté : C’est principalement le choix même du site. Abidjan est un héritage de l’administration coloniale qui a décidé de venir s’y installer après l’épidémie de fièvre jaune à Grand-Bassam. La ville a certainement été sélectionnée à cause de son élévation et de sa ventilation. Le Plateau, où l’administration était installée, a une situation géographique qui permettait de garder un œil sur les indigènes qui, eux, habitaient à Treichville. Il y avait un système de pont-levis au nord du Plateau qui permettait d’éviter une insurrection. C’est à partir de là que se déploie le plan directeur d’Abidjan.