Politique

RDC : l’inquiétant rapport sur la pollution du Kasaï et de la Tshikapa

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Mis à jour le 6 octobre 2021 à 12:23

La ministre Eve Bazaiba © Eve Bazaiba

Le gouvernement a dressé un premier bilan chiffré de la catastrophe sans précédent qui touche deux affluents du fleuve Congo, causée par un accident dans la mine de diamants angolaise de Catoca. Un rapport confidentiel que Jeune Afrique a pu consulter.

« Situation écologique catastrophique », « calamité », « danger pour les écosystèmes »… Depuis le début, en août, de la crise liée à la pollution des rivières Tshikapa et Kasaï, deux affluents du fleuve Congo, les autorités du pays n’ont cessé de tirer la sonnette d’alarme.

Pressé par l’opinion, Félix Tshisekedi a d’abord dépêché Eve Bazaiba, sa vice-Première ministre chargée de l’Environnement, dans les régions touchées du 26 au 30 août. Cette visite a été suivie par celle d’une délégation gouvernementale composée des ministres Jean-Jacques Bungani Mbanda (Santé Publique, Hygiène et Prévention), Adrien Bokele Djema (Pêche et Elevage), Modeste Mutinga Mutuishayi (Affaires Sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale) et François Rubota (Développement rural).

Le constat dressé dans le rapport de mission, que ce dernier a présenté lors du conseil des ministres le 10 septembre et auquel Jeune Afrique a eu accès, est pour le moins inquiétant.

Une addition à 4,6 millions de dollars

Selon le document, quatre des cinq territoires qui composent la province du Kasaï – Tshikapa, Mweka, Luebo et Ilebo – sont affectés par la pollution et 13 zones de santé sur 18 sont touchées. Au total, plus de 200 villages bordant la rivière Tshikapa ou la rivière Kasaï sont concernés. Pas moins de 938 973 personnes sont aujourd’hui sinistrées, des « riverains vivant dans des conditions d’extrême pauvreté et qui ont vu leur situation de misère exacerbée par la pollution », précise le rapport, qui ne tranche pas sur l’origine du sinistre.

Alors que plus de 18 % de la population de la province est concernée par le problème, le rapport, réalisé au début du mois de septembre, fait état de douze décès dans le territoire de Luebo, de plusieurs centaines de cas de diarrhée due à la consommation de poissons morts dans les eaux polluées, mais aussi de plusieurs cas d’éruptions cutanées et d’infections vaginales à Tshikapa. Dans ses conclusions, la délégation intergouvernementale évoque le chiffre de 450 000 ménages en situation d’insécurité alimentaire « par manque de moyens de subsistance ».

Plusieurs types de travaux sont envisagés pour remédier à la situation notamment des forages dans différents axes de la province. Au total, l’addition s’élèverait à 4 675 000 de dollars pour intervenir sur 19 sites identifiés par le ministre du Développement rural.