Économie

Quatre solutions simples pour les PME africaines

Mis à jour le 3 octobre 2021 à 17:14
Amélie Thomas

Par Amélie Thomas

Responsable du marché des PME pour la région Afrique–Méditerranée–Outre-Mer (AFMO), Société Générale.

Le quartier du Plateau et le pont Charles-de-Gaulle à Abidjan. © Nabil Zorkot

De l’accompagnement dédié aux mécanismes financiers adaptés, des solutions existent pour participer à l’essor des entreprises du continent.

L’informel très répandu sur le continent peut constituer pour des prêteurs comme les banques un frein à l’accès au financement : inexistence de la personne morale, absence d’états financiers, etc.

De fait, un accompagnement multidimensionnel financier et non financier, mené en coopération avec des acteurs internationaux et des experts locaux dans l’accompagnement des entreprises, permet de lever les principaux freins à la création et au développement des entreprises.

Un accompagnement dédié

Aider toutes les PME à se structurer afin d’avoir un dossier solide à présenter lors d’une demande de financement est clé dans cette démarche, à travers notamment un accompagnement dédié tel que proposé à travers le réseau de Maison de la PME que nous développons sur le continent, apportant notamment des expertises comptables, techniques (business plan, RH, digitalisation…) et juridiques, au travers de conseils, formations et monitoring ainsi que des solutions de financement pour les entreprises à tous les stades de leur cycle de vie.

>>> L’intégralité de ce texte est à retrouver dans le numéro spécial de la revue Secteur privé et développement <<<

Dans le cadre de ses besoins d’investissement, la PME est en attente d’une démarche fluide et simple pour la demande de crédit, ainsi que d’une réponse rapide. Les banques doivent donc aider l’entrepreneur à cadrer sa demande et à démontrer l’impact de ces investissements sur le développement de son activité. Elles doivent en parallèle s’adapter à la réalité des petites et moyennes entreprises et trouver des solutions alternatives à l’évaluation du risque de crédit.

Supermarché Cash Ivoire – rond point Liberté, à Abidjan.

Supermarché Cash Ivoire – rond point Liberté, à Abidjan. © Guillaume Binet / MYOP pour JA.

Au-delà des produits classiques

Les besoins en financement peuvent être couverts par différents produits et services classiques. Il y a bien entendu les crédits court terme pour les besoins de trésorerie ponctuels et les crédits moyen-long terme pour des investissements plus conséquents.

Mais il existe aussi d’autres solutions, moins connues, qui répondent à des besoins plus spécifiques, comme par exemple les dispositifs de financement en leasing : la plupart des matériels à usage professionnel peuvent faire l’objet d’un financement sous forme de crédit-bail mobilier ou de location financière (véhicules de transport, équipements industriels, engins de travaux publics, bureautique…). Une autre solution concerne l’affacturage qui permet de préfinancer les factures dès leur émission et de sécuriser leur paiement à échéance (garantie contre les impayés).

Il existe des solutions, moins connues, à des besoins plus spécifiques

Citons également le reverse factoring qui permet aux entreprises d’accéder à du préfinancement à taux privilégié et de mieux gérer leur poste clients ou encore les produits et services structurés sur mesure.

L’adaptation du système financier actuel aux réalités des PME est indispensable, l’idée étant d’apporter des solutions de financement qui ne se basent plus uniquement sur le bilan financier de l’entreprise, mais sur une approche de financement transactionnelle, couplée à une analyse de l’environnement et du risque de performance de celle-ci.

Tisser des partenariats

Le groupe AFD, via les garanties délivrées par Proparco, permet à ce titre d’accompagner de nombreuses entreprises. Depuis plus de dix ans, Société générale compte d’ailleurs parmi les principaux bénéficiaires du dispositif de partage des risques ARIZ pour développer le financement des entreprises en Afrique. En outre, dans le contexte de crise lié à la pandémie de Covid-19, nous avons été la première banque à déployer le dispositif de garantie Choose Africa Résilience de Proparco.

L’une des caractéristiques des entreprises en Afrique est la faiblesse de leurs fonds propres. Il paraît donc opportun de tisser davantage de partenariats avec des fonds publics d’investissement panafricains ou nationaux pour permettre aux PME ayant des plans de développement ambitieux de les mettre en œuvre via du financement de haut de bilan. La digitalisation des flux joue également un rôle essentiel dans le développement des entreprises, et ce sujet a pris encore plus d’ampleur dans le contexte sanitaire actuel.

Les banques doivent donc savoir mettre à la disposition de leurs clients des solutions efficaces et innovantes pour gérer leurs comptes, leurs encaissements, leurs paiements ou encore le versement de salaires à distance. Les outils de banque en ligne se développent pour automatiser certaines opérations, donner plus d’autonomie aux entreprises et ainsi leur garantir plus de réactivité et d’efficacité, à travers notamment la gestion des transactions commerciales via une application mobile.

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rea 272110 004 © Au siege de la Societe Generale de Banque en Cote d’Ivoire (SGBCI), le 10 décembre 2018 à Abidjan.

Entrepreneuriat féminin

En parallèle, YUP, filiale du groupe, offre la possibilité dans certains pays du continent de payer ses fournisseurs et ses salariés, bancarisés ou non, via une solution de mobile money. Par ailleurs, une proportion croissante de l’activité se fait désormais à l’international, ce qui implique d’apporter des solutions pour sécuriser les flux internationaux grâce aux offres de change à terme qui permettent aux entreprises actives dans l’import-export de sécuriser le risque de change.

Enfin, près d’un quart des Africaines créent leur propre entreprise et les femmes produisent près de 65 % des biens du continent. Toutefois, seule une minorité d’entre elles a accès aux services financiers dont elles ont besoin pour développer leurs projets.

Il est donc essentiel d’accompagner – via par exemple le programme WIA 54 de la fondation Women in Africa – ces femmes africaines et de permettre ainsi l’essor des PME du continent.