Politique

Maghreb-France : les visas de la discorde

Réservé aux abonnés
Mis à jour le 4 octobre 2021 à 09:32

Un ressortissant tunisien sortant des bureaux de TLScontact, un centre de demandes de visa pour la France, le 29 septembre 2021, à Tunis. © A Tunisian man leaves the offices of TLScontact, a company that works with governments from around the world to provide visa and consular services, after applying for a visa for France, in the capital Tunis, on September 29, 2021. – France yesterday said it would sharply reduce the number of visas granted to people from Algeria, Morocco and Tunisia, accusing the former French colonies of not doing enough to allow illegal immigrants to return © FETHI BELAID/AFP

« Punition collective », « mesure injuste »… Les réactions ne se sont pas fait attendre de l’autre côté de la Méditerranée après la décision de Paris de réduire de moitié le nombre de visas délivrés aux ressortissants marocains, algériens et tunisiens.

« Je vous confirme cette information, cette mesure qui a été prise. En 2018, nous avons adopté la loi Asile et Immigration (…) Et le frein à cette efficacité et aux reconduites effectives, c’est le fait que des pays refusent les laissez-passer consulaires. À partir de là, on a eu un dialogue avec certains pays du Maghreb, puis des menaces. Et aujourd’hui, on met ces menaces à exécution », a expliqué Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement français, le 28 septembre, sur Europe 1. Le nombre de visas octroyés par la France aux ressortissants du Maghreb sera ainsi réduit de moitié pendant les six prochains mois.

Le ton s’est durci, dans un contexte diplomatique tendu, avec les trois pays du Maghreb central en raison de plusieurs précédents, comme le dossier des mineurs isolés.

« C’est un problème majeur désormais géré directement par le ministre et qui a créé de vives tensions entre les pays, explique un avocat spécialisé en droit des étrangers qui a souhaité garder l’anonymat. Le nombre de mineurs isolés en France augmente. On les retrouve au tribunal correctionnel pour des petit délits. Ils vivent au jour le jour, sont désœuvrés et démunis et certains ont une addiction aux stupéfiants. »